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La petite histoire du réservoir du lac Saint-Jean

La gestion des berges du lac Saint-Jean retiendra l'attention cet automne avec la tenue possible d'audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), mais la cohabitation entre les riverains et les grandes entreprises ne date pas d'hier.

Le lac Saint-Jean comme on le connait a vu le jour en 1926, à l'époque où les barrages et les centrales hydroélectriques ont transformé le plan d'eau en réservoir.

L'impact du rehaussement du lac est relaté dans le documentaire de l'Office national du film Le combat d'Onésime Tremblay.

L'historien Éric Tremblay rappelle que ce chapitre de notre histoire influence encore aujourd'hui la gestion des berges du lac.

« On s'aperçoit qu'à différentes époques, il y a des droits qui tiennent la compagnie, souligne-t-il. Après ça, les compagnies vendent à une autre et après ça, ces ententes-là doivent être poursuivies. Bien sûr, c'est assez complexe quand on se met à étudier tout ça. »

De 1920 à 1970, l'industrie de l'aluminium et l'industrie forestière connaissent un essor fulgurant au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le Piekouagami joue alors un rôle prédominant comme outil économique, ce qui influence les décisions de l'époque.

« Quand ils ont harnaché le lac Saint-Jean, le rêve était industriel et était diffusé par notre élite de Roberval, de Chicoutimi, d'Alma, mentionne l'économiste Marc-Urbain Proulx. Ils ont convaincu d'autres agriculteurs et d'autres acteurs locaux qu'il fallait créer le réservoir pour permettre l'industrialisation de la région. »

Plusieurs lois et décrets gouvernementaux adoptés au milieu du 20e siècle touchant le lac Saint-Jean sont d'ailleurs toujours en vigueur. L'économiste croit que les audiences du BAPE seront l'occasion de réviser cette gestion.

« Mais là, on a affaire à une vieille législation qui aurait toute avantage à être dépoussiérée », ajoute Marc-Urbain Proulx.

De l'industrialisation au tourisme

Près d'un siècle plus tard, le développement du tourisme et de la villégiature ont modifié le portrait autour du lac Saint-Jean.

« Depuis les années 80, il y a eu beaucoup de réflexions par rapport à cette proximité-là entre les villégiateurs et la compagnie », affirme Éric Tremblay.

Les discussions prévues cet automne sur la gestion des berges du lac Saint-Jean permettront de bien saisir la dynamique actuelle entre le gouvernement, la population régionale et la direction de Rio Tinto.

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