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La première école autochtone hors réserve du Québec ouvre ses portes à Saguenay

La classe de maternelle de madame Madeleine est différente des autres. Sur les murs : des capteurs de rêves arborent le nom des enfants. On y parle français, mais aussi innu et atikamekw. Les petits Amérindiens assis en cercle se sentent chez eux dans cette première école autochtone hors réserve du Québec.

Un reportage de Catherine Paradis

Le projet Tshiueten signifie « le nord » en langue innue. Il permet à vingt jeunes Autochtones, répartis en deux classes de la maternelle jusqu'à la deuxième année, d'aller à l'école dans un endroit qui leur ressemble.

C'est dans les locaux du centre de formation pour adultes Laure-Conan de Saguenay que leurs parents peuvent maintenant trouver cet environnement familier pour leurs enfants.

La famille Bacon-Canapé fait partie de celles qui ont plongé dans cette nouvelle aventure éducative. La cadette de la famille, Aby, vient d'entrer à la maternelle.

« Elle va aller dans une école entièrement autochtone, où elle aura des cours de langue et de culture, donc elle va toujours avoir la langue, la culture autour d'elle », se réjouit sa mère.

Kate Bacon et Nimuk Canapé ont quitté leur communauté innue de Pessamit, sur la Côte-Nord, il y a quatre ans. Pour faciliter leur intégration et celle de leurs enfants à Saguenay, tout le monde a commencé à parler français à la maison. Résultat : leurs deux filles perdent leur langue maternelle.

Origine du projet Thsiueten

Le projet d'école autochtone est né d'une collaboration entre le Centre d'amitié autochtone du Saguenay, la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, le ministère de l'Éducation du Québec et le Conseil en éducation des Premières Nations.

Le programme éducatif de base reste le même que dans les autres écoles primaires, mais les références historiques, les lectures ou les activités sont aux couleurs des Premières Nations.

L'objectif premier est de favoriser la réussite et la persévérance scolaire des Autochtones qui vivent en milieu urbain.

La directrice du centre d'amitié autochtone, Shantala Langevin, a lancé l'idée il y a deux ans. « Ça fait longtemps que les familles autochtones me disent qu'il y a des enjeux au niveau de la langue, de la culture, c'est pas évident. Donc de voir ça se réaliser, ça me rend fière », raconte-t-elle.

Mme Langevin y voit aussi un avancement concret dans la foulée de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

« Si j'étais un parent autochtone et que je vois que la commission scolaire et d'autres gens dans la société québécoise ouvrent grand les bras en disant : "on est prêts à faire un bout, à mettre du temps, à mettre de l'énergie." C'en est de la réconciliation », conclut-elle.

Le choix d'une école séparée

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay assure qu'elle ne vise pas à isoler davantage les Autochtones en regroupant les élèves dans une école séparée.

Les jeunes seront en contact avec d'autres élèves. « On veut associer le service ici à une autre école primaire, avec laquelle les jeunes vont faire des activités avec des Autochtones et des non-Autochtones », assure la directrice des services éducatifs à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Josée Gaudreault.

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