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La violence sexuelle bien présente dans les universités québécoises, selon une étude

Plus d'une personne sur trois qui fréquente l'université aurait, à un moment ou à un autre, été victime de violence sexuelle. C'est ce qui ressort de l'enquête sur la sexualité, la sécurité et les interactions en milieu universitaire menée dans six universités de la province, dont l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Les premiers résultats de cette étude ont été présentés mardi midi.

Près de 9300 personnes, dont 500 de l’UQAC ont répondu au questionnaire web mis en place par les chercheurs. Des étudiants ont participé, tout comme des professeurs, des membres du personnel et des cadres des établissements.

Les résultats indiquent que 33,3 % des personnes qui fréquentent un établissement universitaire au Québec auraient été victimes de harcèlement, 18,3 % de comportements non désirés et 3,1 % auraient été l’objet de coercition, comme des menaces de perte d’emploi comme conséquence à un refus des avances d'un agresseur.

À l'UQAC, ces chiffres sont sensiblement les mêmes : 34,8 % pour le harcèlement, 19,6 % pour les comportements non désirés et 4,7 % pour la coercition.

Au total, ce sont donc 37 % des répondants qui affirment avoir été victimes d'une forme ou d’une autre de violence sexuelle.

Pour la professeure-chercheuse Jacinthe Dion, qui présentait mardi midi les résultats de l'étude, ces chiffres montrent qu'il reste du travail à faire. Elle ajoute que les universités sont un peu à la traine dans ce dossier.

Je pense qu’il faut faire encore plus de sensibilisation, plus d’éducation, avoir plus de services disponibles, donc il faut encore agir davantage. Il faut mettre en place des interventions qui sont plus efficaces, puis pas juste à l’UQAC, partout au Québec.

Jacinthe Dion, professeure-chercheuse

Comité d’action

À l'UQAC, un comité d'action sur la violence a lancé ses travaux mardi. Sa coprésidente admet qu'il reste du travail à faire même si on ne part pas de zéro.

« Là, on monte, on intensifie et on va se donner même des indicateurs parce que oui, on a des plaintes, mais c’est pas tout le monde qui se rend jusqu’à la plainte, alors nous c’est là qu’on va aller travailler, qu’on va aller forer », mentionne Gina Gagnon.

Le MAGE-UQAC, l’association étudiante de l’université, collabore à l'exercice.

« Il y a beaucoup de choses qui existent et ensemble, on est prêt encore à continuer pour améliorer les outils, les moyens qui seront utilisés pour assurer la sécurité des étudiants », assure le vice-président des affaires étudiantes du MAGE-UQAC, Mahounan B. Fantodji.

À l’université comme ailleurs, il arrive souvent que les victimes ne dénoncent pas leur agresseur. Cette année, par exemple, l'UQAC n'a eu connaissance que de quatre ou cinq plaintes, ce qui est très loin du nombre de cas réels, malgré les campagnes de sensibilisation.

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