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Lac-Saint-Jean : des apiculteurs se plaignent de la concurrence de l’extérieur

Alors que des dizaines de milliers d'abeilles s'apprêtent à débarquer au Lac-Saint-Jean pour polliniser les plants des bleuetières, des apiculteurs régionaux s'inquiètent de la concurrence des producteurs de miel de l'extérieur. Certains parlent même de la guerre du miel.

Un texte de Catherine Paradis

Depuis quelques années, l'entreprise Intermiel de Mirabel laisse une partie de ses ruches au Lac-Saint-Jean pendant tout l'été, au lieu de toutes les rapatrier une fois la pollinisation des plants de bleuets complétée.

Ainsi, Intermiel installe environ 6000 ruches dans les bleuetières de la région et en laisse 1000 quand la floraison est terminée.

L'emplacement choisi pour l'installation de ces ruches met en colère certains apiculteurs, dont Raphaël Vacher des Miels Raphaël d'Alma.

« Ce qui nous dérange, c'est que là où il y a des apiculteurs qui sont déjà en place, qui occupent déjà une partie du territoire, que cette entreprise-là dispose des ruches à côté d'eux, à proximité, qu'elle ne veut pas s'entendre avec eux, c'est ça qui est le problème », déplore-t-il.

Raphaël Vacher soutient que la situation entraîne une diminution de 40 % de sa production et nuit à l'expansion de son entreprise.

Le propriétaire d'Intermiel, Christian Macle, défend les pratiques de son entreprise qui est l'un des plus grands producteurs de miel au Québec.

« On n'est pas allé installer des ruchers permanents entre des ruchers qui étaient déjà existants entre Sainte-Monique et Alma, si ce n'est qu'il y a des producteurs de céréales qui nous demandent des ruches pour polliniser leurs champs. On leur dit qu'il y a des ruches pas loin de là et ils nous répondent que ce n'est pas suffisant. On ne peut pas leur dire non », affirme M. Macle.

Intermiel souligne que son entreprise disposait des ruches aux endroits problématiques avant que d'autres apiculteurs viennent s'y installer.

Absence de cadre légal

Aucune loi ne régit l'installation des ruches sur un territoire au Québec. Les apiculteurs peuvent donc les placer où ils veulent.

Au Lac-Saint-Jean, les apiculteurs ont une tradition de dialogue et d'entente de gré à gré, selon Raphaël Vacher.

« Ils n'ont pas de devoir envers nous, mais éthiquement oui parce qu'actuellement, ils disposent leurs ruches partout, la croissance de leur entreprise se fait sur le dos des autres apiculteurs. Sur le millier de ruches qu'il y a ici, c'est environ 10 % des ruches qui posent problème. Ce serait très facile pour cette entreprise de régler la problématique dans la région », déplore M. Vacher.

Les apiculteurs souhaitent qu'un code d'éthique soit élaboré par la Fédération des apiculteurs du Québec pour régir l'installation des ruches, entre autres en déterminant la distance entre les ruchers.

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