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Le Canada refuse cinq fois un visa à son épouse burkinabée

Le Saguenéen Étienne Troestler doit se résoudre à vivre son amour à distance pour passer l'été dans la région avec ses proches.

L'enseignant en géographie a supervisé plusieurs stages de coopération internationale au Burkina Faso pendant sa carrière au Cégep de Jonquière. C'est là-bas qu'il a connu Fatim, la cuisinière du groupe. Lorsqu'il a pris sa retraite en 2012, il s'est installé avec elle en Afrique et y vit désormais neuf mois par année.

« On s'est marié légalement au Burkina en 2014, reconnu par le Québec comme l'état civil. On a ouvert, en fait, elle a ouvert un petit restaurant dans lequel j'oeuvre un peu pis moi je fais encore du bénévolat tous les matins dans les écoles là-bas », raconte-t-il.

En cinq ans, le couple a fait cinq demandes de visa et a multiplié les démarches légales pour que Fatim passe les vacances d’été au Canada, un séjour de trois mois. Cependant, c’est peine perdue. Le gouvernement craint qu'une fois entrée au pays, elle ne reparte plus.

« On pourrait faire la demande de résidence permanente; Fatim ne veut pas. Contrairement aux préjugés qu'ont beaucoup de gens, elle est africaine, fière de l'être et de vivre là-bas », ajoute-t-il.

Étienne Troestler souhaite de tout coeur que sa conjointe puisse côtoyer ses enfants et sa mère de 89 ans, qu'elle puisse découvrir la région qui l'a vu grandir.

« Je suis quand même canadien, je paye des impôts canadiens, j'ai une adresse civile canadienne, j'ai vécu, j'ai travaillé ici toute ma vie. »

Cri du coeur

Est-ce parce que sa conjointe est musulmane ou qu'elle provient d'un pays pauvre victime d'attentats terroristes qu’on lui refuse l’entrée au Canada?

Faute de réponse satisfaisante et en désespoir de cause, Étienne Troesler se tourne maintenant vers le premier ministre du Canada à qui il a écrit une lettre.

La députée néodémocrate de Jonquière, Karine Trudel, a promis de la remettre en main propre à Justin Trudeau dès la rentrée parlementaire.

« J'ai pris une chance pour essayer de comprendre. Qu'est-ce que je peux offrir en garantie? L'amour c'est pas suffisant? L'amour ne suffit pas cette fois-là », conclut Étienne Troesler.

D’après le reportage de Priscilla Plamondon Lalancette

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