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Le cheval patrimonial : un potentiel sportif qui se révèle

Les chevaux canadiens sont bons dans tout, mais sont excellents dans rien... Cette phrase donne la chair de poule à Caroline Bolduc, double médaillée d'or aux Jeux équestres du Québec en dressage classique, qui l'entend souvent. Avec d'autres cavalières de compétition, elle a entrepris de démontrer le potentiel caché de cette race du patrimoine agricole québécois.

Un texte de Brigitte Lévesque

« Le cheval canadien existe depuis plus de 350 ans, rappelle Caroline Bolduc. On ne révèle pas une nouvelle race, mais on veut révéler aux gens qu'il est capable de faire autre chose que son côté historique de cheval de fer (…) On veut révéler son potentiel athlétique méconnu. »

C’est pourquoi, le regroupement Cheval Canadien : Révélation et Développement Sportif (CCRDS) a vu le jour en 2015. Cet organisme à but non lucratif s’efforce de répertorier les duos qui performent sur les circuits fédérés et de les valoriser en s’assurant que leurs accomplissements ne passent pas sous silence.

« Les Canadiens, on ne les voit pas, mais partout où on sort avec eux, ils sont les chouchous des compétitions », affirme Caroline Bolduc, présidente de l’organisme qui a également mis sur pied un carrousel de 6 chevaux montés par leurs cavalières propriétaires pour les faire valoir dans les salons et festivals équestres.

Des athlètes naturels, pourtant rares en compétition

Caroline Bolduc soutient que la plupart des chevaux canadiens sont des athlètes naturels qui peuvent bien performer dans les sports équestres, tant en classique, en western qu’en attelage.

La cavalière des Laurentides, qui s’entraîne cette année en dressage niveau 3, assure que son cheval n’est pas une exception.

« Le côté exceptionnel qu'a mon cheval, c’est que ça fait 7 ans qu'il est en compétition année après année, que l'entraînement se poursuit et que je le développe en tant qu'athlète, ce qui n'existe pas ou trop peu dans la race des Canadiens », souligne Caroline Bolduc.

L’éleveur Michel Allen, spécialisé en attelage en Outaouais, peut certes témoigner de la puissance et de la polyvalence de ce cheval qu’Ottawa a reconnu en 2002 comme le cheval national du Canada.

« J'ai une pouliche qui a gagné une médaille d'or en dressage à Bromont, il y a quelques années, et une 2e place en Ontario, mais c'est la même que j'utilise pour couper mon foin et labourer mes champs ! »

Un programme de parrainage encourageant

Pour favoriser l’entraînement sportif d’un plus grand nombre de chevaux et les amener sur les terrains de compétition, l’organisme CCRDS a créé un programme avantageux.

Par exemple, un cavalier bénévole d’expérience est jumelé à un cheval canadien et prend son entraînement sous son aile. Le propriétaire, de son côté, continue d’assumer uniquement les dépenses reliées aux soins de l’animal.

« C’est ce qui manque, constate l’éleveur du centre du Québec Jean-Pierre Sarrazin, qui encourage l’initiative. On a beaucoup de Canadiens à vendre, mais on n’a pas assez de gens qui s’y connaissent pour les entraîner. »

Ce qui pourrait mieux répondre à la demande de cavaliers qui recherchent un cheval sportif déjà prêt à performer.

Le programme de parrainage n’en est qu’à ses débuts, mais il s’annonce prometteur.

En 2016, une jument à sa première année en dressage classique s’est distinguée en remportant l’argent aux Jeux équestres du Québec et poursuit sur sa lancée en 2017. Une autre, âgée de 8 ans, qui n’avait jamais été montée à la selle de sa vie, a terminé championne régionale en niveau 1.

« Je ne dirais pas que le cheval canadien va se rendre aux Olympiques un jour, il faut être réaliste, raconteCaroline Bolduc. Mais je pense qu’il peut facilement se rendre dans les niveaux internationaux à l'intérieur du Québec et du Canada et montrer qu’il peut prendre une place ».

Un avenir pour le cheval historique ?

Dans deux ans, l’organisme CCRDS espère pouvoir organiser diverses compétitions qui seraient réservées aux Canadiens et notées par des juges fédérés.

D’ici là, il entend poursuivre son travail de sensibilisation, persuadé que la reconnaissance du cheval patrimonial comme étant un cheval de qualité dans les différentes disciplines équestres modernes en fera augmenter la demande et, par conséquent, sa valeur.

Ainsi, croit le regroupement, il sera davantage possible de garantir un avenir à ce symbole national dont la baisse continuelle des naissances, dans un marché concurrentiel en déclin, fragilise aujourd’hui la survie.

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