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Le Comité pour un Vaudreuil durable souhaite aller au-delà du « chantage à l’emploi » de Rio Tinto

Le Comité pour un Vaudreuil durable affirme avoir fait face à une entreprise intraitable et totalement fermée lors de l'exercice de consultation mené sur le projet d'agrandissement du site d'entreposage des résidus de bauxite, dans le boisé Panoramique, près d'un quartier résidentiel de l'arrondissement de Chicoutimi.

Un texte de Denis Lapierre

Le mémoire préparé pour la consultation publique organisée par Rio Tinto, mardi, est intitulé Un projet socialement inacceptable. Un titre qui reflète, selon la présidente du comité, Lana Pedneault, la mauvaise foi de l'entreprise dans ce dossier.

Malgré la création d'un groupe de travail qui s'est réuni une vingtaine de fois depuis un an, les propositions visant à trouver, d'ici 2022, un site alternatif pour l'entreposage de résidus provenant de la fabrication d'alumine à l'usine Vaudreuil ont été balayées du revers de la main.

« Dès le début des discussions en 2015, on a fait face à un véritable chantage à l'emploi : c'était ce projet, ou la fermeture de l'usine Vaudreuil », affirme Lana Pedneault.

Une alternative : le transport par train

La principale proposition déposée par le comité visait à transporter les résidus, les « boues rouges », par chemin de fer jusqu'à un terrain situé à l'extérieur des zones habitées près de l'aéroport de Bagotville.

L'évaluation sommaire des coûts effectuée par le comité a été doublée, puis quadruplée par Rio Tinto, qui a jugé que le transport par train était économiquement non viable.

« Le boisé Panoramique est, pour Rio Tinto, le choix logique, économique et simple puisqu'il constitue une expansion du site actuel », déplore Mme Pedneault, qui juge que pour le producteur d'aluminium, il s'agit d'un projet ficelé ne laissant aucune place au dialogue.

Zone tampon?

Le mémoire aborde aussi la question de la zone tampon, devant protéger les résidences des activités d'excavation et d'entreposage des résidus.

On y souligne que Rio Tinto a d'abord demandé à la Ville de ne pas inclure une telle bande de protection entre le site d'entreposage et le secteur résidentiel lorsqu'elle a déposé sa requête de modification de zonage. Pourtant, les porte-parole de l'entreprise ont assuré qu'une zone tampon serait maintenue.

Lana Pedneault est catégorique : il s'agit d'une zone tampon « fantôme », dont la présence n'est pas garantie, ce qui laisse les résidents sans protection face à l'activité industrielle pendant au moins 25 ans, durée minimale prévue d'exploitation du site.

Bureau d'audiences publiques sur l'environnement

Pour le comité, seules des audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) permettraient une analyse impartiale du projet, où les seules données ne proviendraient pas du promoteur.

« On a déjà soumis une demande, mais on s'est fait dire que le projet était en fait la continuité des activités actuelles d'entreposage et qu'il n'était donc pas soumis au BAPE », déplore la présidente du comité.

La seule possibilité, c'est que Rio Tinto demande la tenue d'audiences du BAPE dans ce dossier. Ce qui serait possible si les élus des trois paliers de gouvernement faisaient pression sur l'entreprise. Des élus qui, selon Lana Pedneault, pourraient s'impliquer davantage pour soutenir la proposition du comité tout en assurant le maintien des emplois.

« Nous, on a un projet clé en main (le transport des résidus par train, NDLR) : trouvez le terrain, trouvez l'argent pour la recherche et le financement, il y a Investissement Québec pour les emplois. Ce n'est quand même pas nous qui allons faire l'analyse et l'évaluation, on ne peut pas porter le fardeau de ça. »

Les membres du comité pour un Vaudreuil durable rappellent qu'ils ne sont pas contre l'implantation d'un site de résidus de bauxite bien géré et répondant aux normes du développement durable. Mais ils soutiennent que l'entreposage de résidus industriels à la limite d'un quartier résidentiel ne répond pas à ces normes et souhaite que Rio Tinto et les élus acceptent d'analyser les solutions de rechange. Ce qui n'a pas été fait jusqu'à maintenant, selon eux.

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