Le grand compositeur de musique contemporaine Gilles Tremblay s'est éteint jeudi soir dernier. Il avait 85 ans.

Le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, ainsi que la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) ont rendu hommage à l'artiste, qui, selon eux, a profondément marqué la musique contemporaine ainsi que toute une génération de compositeurs.

Ce pianiste natif d'Arvida, au Saguenay, fait d'abord ses classes au Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec et au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, où il vit quelques années.

Lors de sa résidence dans la Ville Lumière, il fait la connaissance de plusieurs artistes de renom, dont Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis et Pierre Schaeffer.

À son retour au Québec, il se tourne vers l'enseignement. Il devient professeur au Centre d'arts Orford et se dirige ensuite au Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, à Québec, puis à Montréal, en 1962, où il est responsable de l'analyse et de la composition. Il s'occupe de ces programmes jusqu'à sa retraite, en 1997.

Ses cours sont « novateurs » puisqu'il fait un lien entre les compositions du passé et celles du présent, selon la professeure de musique Marie-Thérèse Lefebvre, qui a rédigé sa biographie sur le site web de la SMCQ.

« Du chant grégorien à la polyphonie de Guillaume de Machaut, de Monteverdi à Mozart et à leur prolongation sur les œuvres du 20e siècle, Tremblay fait découvrir un univers où l'histoire ne se présente pas comme une série de ruptures, mais au contraire comme une continuité dans la recherche d'une expression personnelle et vivante de la musique », écrit-elle.

Selon Mme Lefebvre, cette approche « entre tradition et modernité » se reflète dans ses compositions, dont les plus célèbres sont Fleuves, Vers le soleil et Compostelle I.

Lors d'un entretien avec l'un de ses anciens élèves, le compositeur Jean Lesage, Gilles Tremblay lui confie qu'il ne se soucie pas de composer des œuvres qui ont des particularités québécoises ou canadiennes.

« Je fais la musique que j'ai à écrire, un point c'est tout. Si d'autres trouvent qu'il y a des accents qui sont particuliers et que cela se retrouve chez certains, je n'ai rien contre, mais jamais systématiquement je ne voudrais faire de musique ni canadienne ni québécoise », déclare-t-il dans cette entrevue réalisée en 1997, mais publiée en 2010 dans la revue Circuit.

« J’ai écrit une œuvre qui s'appelle Fleuves. C'est évident que c'est une œuvre qui fait appel à tous les fleuves de la terre, mais le fleuve que je connais le plus, c'est le Saint-Laurent; un fleuve d'horizons immenses, de générosité, et cela m'a influencé parce que je le connais », ajoute-t-il.

Parmi ses autres créations, il réalise la sonorisation du pavillon du Québec à Expo 67, grâce à laquelle il reçoit le prix Calixa-Lavallée en 1968, remis par la Société Saint-Jean-Baptiste.

Pendant sa carrière, en 1997, il est également lauréat du prix Serge-Garant de la Fondation Émile-Nelligan et, en 1991, du prix Denise-Pelletier, la plus haute distinction du Québec dans le domaine des arts de la scène. En 2010, Gilles Tremblay fait l'objet d'un hommage de l'Assemblée nationale.

« Son œuvre musicale atteint des sommets de pureté, d'expressivité et d'inventivité grâce à un profond respect de la tradition. Gilles était un grand humaniste, de la trempe d'un Fernand Dumont, d'un Gaston Miron ou d'un Pierre Perrault. C'est un pan entier de l'histoire du Québec et de la musique qui part avec lui », déclare Walter Boudreau, directeur artistique de la SMCQ et ancien élève de M. Tremblay, dans un communiqué de presse publié samedi.

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