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Le drapeau des Warriors n’avait pas sa place aux manifestations de Québec, selon des Autochtones

Lors des manifestations du 19 août à Québec, l'utilisation du drapeau mohawk de La Société des Warriors à la fois chez les membres de La Meute et chez les contre-manifestants soulève une controverse au sein des Premières Nations. Un des porteurs de drapeau a même dû s'excuser.

Un texte de Charles Buckell-Robertson

La nation mohawk, qui a créé le drapeau des Warriors, soutient qu’elle n’avait rien à voir avec ni l’un ni l’autre des groupes de manifestants.

Au fil des ans, le drapeau des Warriors est devenu un symbole de résistance non seulement pour les Mohawks, mais aussi pour d’autres nations autochtones.

Le porte-parole de conseil de bande de Kahnawake, Joe Delaronde, n’était donc pas si surpris de voir le drapeau arboré chez les contre-manifestants au mois d’août.

« Cependant, on aperçoit normalement ce drapeau lors d’événements qui touchent les Premières Nations [ce qui n’était pas le cas à Québec] », fait-il remarquer.

Par contre, lorsque nous lui avons appris que le drapeau avait aussi été vu dans le camp de La Meute, il s’est dit dépassé.

À son avis, cette utilisation inhabituelle du drapeau des Warriors ne fait que créer de la confusion et nuit à l’image des Premières Nations.

Regrets

Un de ceux qui portaient le drapeau autochtone est Robert Proulx. Ce membre de La Meute assure qu’il ne voulait pas mal faire.

« Moi, j’appelle ça le drapeau avec le soleil et il me représente […] Je suis Autochtone et je dois avouer une chose, je les ai blessés en arborant le drapeau. Je suis très conscient de ça, je l’assume », a-t-il confié en entrevue, visiblement ébranlé par la tournure des événements.

Pour Robert Proulx, le drapeau est représentatif de l’ensemble des Premières Nations.

Selon ses dires, il a habité dans une communauté autochtone jusqu’à l’âge de 6 ans. En grandissant loin des mœurs autochtones, il ignorait la signification réelle du drapeau.

Son geste lui a valu une pluie de commentaires négatifs sur les réseaux sociaux.

D’autant plus que La Meute reste indifférente sur l’utilisation du drapeau des Warriors.

« Ça n’a pas de signification particulière pour La Meute », explique le porte-parole, Sylvain Brouillette.

Dans le camp adverse

Dans le groupe de contre-manifestants à Québec, le militant autochtone André Pikutelakan portait lui aussi le drapeau des Warriors.

En entrevue, il a expliqué qu'il faisait partie d'un groupe pacifiste au sein duquel il voulait dénoncer le racisme en arborant le drapeau rouge, jaune et noir.

Règles d’usage

Selon le recherchiste aux archives historiques pour le conseil à Kanesatake, Éric Pouliot-Thisdale, la règle morale veut qu’il faille demander la permission à des aînés autochtones avant toute utilisation du drapeau des Warriors.

« Je pense vraiment que cela a été une appropriation sans avoir demandé aux aînés de quelle communauté que ce soit. Donc, tant qu’on n’a pas un point de vue officiel d’un organisme des Premières Nations, soutenues par les aînés, ça reste une forme de néant », explique M. Pouliot-Thisdale.

Selon l’ancien chef de bande de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, le drapeau est trop souvent utilisé pour tenter de signaler la présence de membres des Premières Nations dans une cause donnée. Une pratique inadéquate, voire même illégale, selon lui.

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