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Le financement de certaines écoles publiques soulève des questions éthiques

De plus en plus de directions scolaires se tournent vers des solutions alternatives pour financer leur projet. À Saguenay, deux polyvalentes ont reçu des dons de la Fondation Maurice Tanguay pour améliorer leurs infrastructures. Ces partenariats soulèvent cependant des questions d'éthiques.

Un reportage de Mélanie Patry

Depuis plus de deux décennies, la Fondation Maurice Tanguay soutient des initiatives visant à améliorer la qualité de vie des enfants handicapés dans leur milieu.

Grâce à sa contribution de 150 000 dollars, la polyvalente Kénogami vient tout juste de réaliser un ambitieux projet de salle multisensorielle pour ses élèves handicapés ayant des difficultés d'adaptation et d'apprentissage.

« Souvent avec le ministère, il y a des délais et c'est normal, on comprend, explique Marie-Ève Desrosiers, porte-parole pour la Commission scolaire de la Jonquière. Mais des fois, on veut avancer et ça nous permet de le faire. »

La direction de la polyvalente Charles-Gravel, dans l'arrondissement de Chicoutimi, a aussi reçu 20 000 dollars de la Fondation pour la réfection de sa bibliothèque il y a un an.

L'article 94 de la loi sur l'instruction publique permet ce type de philanthropie à condition que ces dons soient libres de toutes conditions et de toutes sollicitations de nature commerciale par la suite.

Or des parents dont les enfants fréquentent de l'école Charles-Gravel déplorent avoir été sollicités pour encourager en retour la Fondation Maurice Tanguay en achetant des billets de tirage au coût de 10 $. Le conseil d'établissement de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay se penche sur la situation.

La commission scolaire affirme qu'il s'agit d'une méprise et qu'en aucun cas ce don de la Fondation Maurice Tanguay n'était conditionnel à du financement en retour. La direction aurait simplement voulu appuyer la cause.

Réaction politique

Le député du Parti québécois dans Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, invite le ministre de l'Éducation à clarifier les règles de la loi sur l'instruction publique. Il dénonce du même coup le désengagement du gouvernement libéral.

Dans un rapport d'enquête réalisé en 2005, la Fédération canadienne des enseignants s'inquiétait déjà de la commercialisation et du financement des écoles publiques. Ces pratiques de plus en plus courantes au Québec comporteraient des risques évidents d'accroissement des inégalités entre les écoles de milieux bien nantis et de milieux défavorisés.

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