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Le parc marin Saguenay-Saint-Laurent : une longue marche vers la protection des baleines

Le fjord du Saguenay est reconnu comme l'un des meilleurs endroits au monde pour observer les baleines. Il y a 20 ans, les gouvernements du Québec et du Canada s'entendaient pour protéger ce territoire. Retour en archives sur le processus laborieux qui a mené à la création du parc marin Saguenay-Saint-Laurent

Ce n’est pas d’hier qu’on s’intéresse à l’observation des baleines dans l’estuaire du Saint-Laurent. Le magazine Le 60 du 8 octobre 1974 en témoigne.

Dans ce reportage, le journaliste Pierre Nadeau se rend au Cap du Bon Désir, situé entre Les Bergeronnes et Les Escoumins, pour expérimenter une excursion en mer.

Les pêcheurs du coin se font un plaisir de conduire les visiteurs à « deux milles du rivage » afin de leur permettre d’apercevoir la plus grosse baleine au monde, le rorqual bleu.

L’un d’entre eux décrit avec gêne « les amours » des mammifères marins sans être trop certain de ce qu’il avance.

Le journaliste Pierre Nadeau rassure les téléspectateurs. Depuis plus d’un an, une station expérimentale d’observation, qui donne sur la baie, recueille des données précises sur le comportement des cétacés.

C’est un premier pas vers la création officielle d’un parc national qui a le potentiel d’allier recherche, éducation et tourisme.

Vers une entente pour la création d’un premier parc marin

Tout est question de territoire. L’eau est de compétence fédérale, alors que la terre et le fond de l’eau, de compétence provinciale. Voici ce qui explique les longues négociations entre Québec et Ottawa pour la mise sur pied d’un premier parc national marin.

En 1988, les deux paliers de gouvernement se mettent d’accord sur un plan d’action pour la création d’une zone protégée à la jonction du fjord du Saguenay et du fleuve Saint-Laurent.

Puis, en 1990, le projet franchit une autre étape.

Le 3 avril 1990, l’entente est sur le point d’être officialisée. Dans son reportage au Téléjournal, le journaliste Louis Lemieux explique que Québec et Ottawa en sont arrivés à des principes de cohabitation.

Le processus est enclenché vers la création du parc marin Saguenay-Saint-Laurent.

Des consultations publiques sont aussi prévues afin de sonder l’appui de la population.

Le projet de parc marin se déploie au bon moment. Le Saguenay cherche à diversifier son économie. En plus de protéger et de mettre en valeur le patrimoine naturel de la région, la création d’un parc national implique des investissements importants.

« C’est aussi, et peut-être surtout, une pièce importante du puzzle récréotouristique que la région achève de développer », ajoute le journaliste Louis Lemieux.

L’inauguration du parc marin

Huit ans plus tard, le parc marin Saguenay-Saint-Laurent est inauguré en présence de la ministre fédérale du Patrimoine Sheila Copps et du ministre québécois de l’Environnement, Paul Bégin.

Au Téléjournal du 12 juin 1998, le journaliste Gilles Morin donne quelques précisions sur le plan de protection du premier parc marin au Québec.

L'exploitation minière et le passage de lignes électriques ou d'oléoducs seront interdits sur ce vaste territoire de plus de 1000 km2. Bien qu’on s’attende à une plus grande affluence pour l’observation des mammifères marins, aucune réglementation n’est prévue en ce sens.

Les bateliers expriment le souhait qu’on ne régisse pas leurs activités, préférant « s’autodiscipliner ».

La protection des espèces en voie de disparition, dont le béluga et le rorqual bleu, est pourtant déjà un enjeu bien connu.

En 2002, le Règlement sur les activités en mer dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent entre en vigueur.

Ce règlement unique au Canada encadre les activités en mer qui se déroulent dans l’aire protégée tels les excursions en mer, le kayak de mer, la navigation de plaisance et la plongée sous-marine.

Il a été révisé en janvier 2017 afin d’accroître la protection des mammifères marins dans ce secteur.

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