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Le triste record pour la conduite avec facultés affaiblies revient à Saguenay

Saguenay arrive au premier rang des régions métropolitaines pour le taux de conduite avec les facultés affaiblies, selon le dernier recensement publié par Statistique Canada.

L’agence a dénombré 217 cas de conduite en état d’ébriété en 2015 par tranche de 100 000 habitants. C’est 33 de plus que la moyenne nationale de 184 infractions.

Ça veut dire que les gens prennent des chances et n’apprennent pas des dossiers publics, qui pourtant devraient envoyer des messages assez clairs.

Jean-Marc Fradette, criminaliste

Le criminaliste Jean-Marc Fradette, qui a notamment défendu le chauffard Yves Martin, soutient que ces statistiques reflètent ce qu’il constate sur le terrain.

« Les gens continuent de prendre des risques, mais ils ne sont pas aux taux [d’alcoolémie] aussi élevé qu’on voyait il y a dix ans. Il y a autant de monde, mais avec des taux plus bas », remarque-t-il.

Différence entre les plus jeunes et les plus vieux

Jean-Marc Fradette ajoute que les jeunes sont les conducteurs les plus prudents puisqu’ils ont grandi avec le concept de la tolérance zéro et des chauffeurs désignés.

Les gens âgés de plus de 40 ans sont ceux que l’avocat rencontre le plus dans les corridors du palais de justice.

« Le problème c’est qu’on a le droit jusqu’à 0.08, mais on n’a pas d’indicateurs. Quand les taux sont relativement bas, les gens se croient corrects parce qu’en fait c’est vrai qu’il y a peu de symptômes, mais ils sont tout de même au-dessus de la limite permise », explique le criminaliste.

Les régions et les grands centres

Selon Jean-Marc Fradette, le contexte de déplacement en ville et en région joue dans la balance.

À son avis, deux phénomènes contribuent à une plus grande prévalence de cas de conduite avec facultés affaiblies en région.

Il croit que le manque de transport en commun et la facilité pour les policiers d’organiser des barrages routiers font en sorte que les conducteurs courent plus de risque d’être interceptés avec un taux d’alcoolémie trop élevé.

Les statistiques présentées ne permettent d’ailleurs pas de déterminer si le nombre de conducteurs fautifs est réellement plus élevé qu’ailleurs ou si ce sont les interventions policières qui sont plus nombreuses.

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