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Les aéroports régionaux sont-ils sécuritaires?

Les aéroports régionaux riment souvent avec des avions plus petits, des pistes moins longues et des trajectoires plus restreintes. Il n'est pas rare de rapporter l'annulation de vols quand dame nature fait un caprice.

Un texte d'Isabelle St-Pierre Roy et de Michel-Félix Tremblay
Avec la collaboration de Denis Castonguay

L'écrasement d'un avion aux Îles-de-la-Madeleine, le 29 mars, a relancé la question de la sécurité des procédures d'approches, les trajectoires et les altitudes que les pilotes doivent respecter avant l'atterrissage. 

Certains aéroports sont dotés de pistes suffisamment longues et d'équipements qui fournissent des informations pour guider les pilotes en prévision de l'atterrissage. De telles mesures permettent le guidage horizontal et vertical des avions pour effectuer une approche dite « de précision ».

En l'absence de tels équipements, les pilotes n'ont accès qu'à des informations sur la trajectoire horizontale pour les guider pendant l'atterrissage. L'approche « de non précision » est particulièrement délicate en cas de mauvais temps, surtout lorsque la visibilité est réduite. Dans de telles conditions, un atterrissage sur une courte piste peut être périlleux.

Plusieurs aéroports régionaux au Québec ne disposent pas des équipements requis pour réaliser une approche de précision. C'est le cas aux Îles-de-la-Madeleine, à Gaspé ou encore à Dolbeau-Mistassini.

« Pour avoir une approche de précision ça prend une piste qui est codée précision. Donc une piste qui a une dimension suffisante et un type de feux de piste particulier. On est loin d'avoir ça partout », explique Jean Laroche du Centre québécois de formation aéronautique.

Pour voir les caractéristiques de certains aéroports du Québec, cliquez sur les icônes : 

Des pilotes avancent que l'installation d'équipement de précision dans tous les aéroports améliorerait la sécurité lorsque les conditions météo sont difficiles. Des telles mesures réduiraient aussi le nombre de vols annulés. Les aéroports qui offrent la possibilité de réaliser des approches de précision permettent aux avions d'atterrir avec un plafond nuageux plus bas. 

Le cas des Îles

Aux Îles-de-la-Madeleine, où des vols sont souvent annulés en raison de la météo, on réclame une amélioration des installations pour offrir une desserte plus fiable. Pour les insulaires, l'aéroport et le port sont les seuls liens avec le reste du monde.

Le pilote Nicolas Thériault vient d'ailleurs de lancer une page Facebook pour mobiliser les Madelinots autour du projet de prolongement de la piste. Il n'hésite pas à rappeler que l'avion-hôpital du gouvernement québécois de type Challenger n'est pas toujours en mesure d'atterrir à l'aéroport des Îles-de-la-Madeleine. 

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, tient un discours similaire. Pour lui, « il est plus que temps que le gouvernement fédéral prennent ses responsabilités ». La ministre et députée de Gaspésie-Les-Îles-de-la-Madeleine, Diane Lebouthillier, a affirmé vouloir en faire sa priorité.

Il est toutefois impossible de connaître les intentions de Nav Canada, la corporation chargée du contrôle sécuritaire du trafic aérien civil, pour doter certains aéroports de nouveaux équipements.

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