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Les Autochtones trois fois plus nombreux à fumer que les Allochtones

Même si les efforts de sensibilisation et les mesures entreprises pour lutter contre le tabagisme portent leurs fruits, il y a encore du chemin à faire. Cette réalité est d'autant plus vraie chez les peuples autochtones du Québec et du Labrador, qui sont presque trois fois plus à fumer que les peuples allochtones de la province. À Mashteuiatsh, le portrait n'est toutefois pas le plus inquiétant.

Un texte de Mélissa Paradis

Selon les plus récentes données de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador compilées de 2008 à 2010, 55,5 % des adultes vivant dans une réserve fument. Chez les 12 à 17 ans, ce taux est de 55,4 %.

« Le tabagisme a toujours été très très important, explique le chirurgien autochtone Stanley Vollant. Des moyennes de 50, 60 % dans chaque communauté et même, dans certaines communautés, 90 % des gens fument encore », ajoute-t-il.

La pauvreté, le faible niveau de scolarisation, l'absence de taxes sur les produits du tabac et l'éloignement de certaines communautés expliquent ces statistiques. Pas surprenant donc qu'à Mashteuiatsh, le taux de tabagisme soit moins élevé que pour d'autres réserves autochtones. Selon Stanley Vollant, le nombre de cancers liés au tabagisme chez les peuples autochtones est en constante augmentation.

Des données inquiétantes

Les données ont de quoi inquiéter si on les compare à celles de l'ensemble du Québec, où 23 % des 12 ans et plus fumaient en 2010. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le nombre de fumeurs est passé de 30 % à 19 % de 2000 à 2012.

« La moyenne s'est améliorée parce que toutes les mesures qui ont été mises en place depuis 15-20 ans ont porté fruits, explique André Marchand, agent de planification au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean. On espère que ça va continuer à baisser aussi. Et pour ce faire, il faut continuer à avoir des mesures législatives », ajoute-t-il.

Dans la région, il existe huit centres d'abandon du tabagisme, dont un à Mashteuiatsh. De la prévention est aussi faite auprès des jeunes de la communauté. Selon Stanley Vollant, les statistiques provinciales démontrent toutefois l'importance de mieux adapter les programmes aux Premières Nations.

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