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Les devoirs au primaire sont-ils nécessaires? Une école croit que non

Les devoirs sont souvent synonymes de discorde et de stress, non seulement pour les enfants, mais aussi pour leurs parents. Depuis cinq ans, les élèves de l'école primaire de La Passerelle, à Asbestos, n'apportent plus de travail scolaire à la maison. Bien qu'aucune étude scientifique ne démontre de façon claire que les devoirs au primaire ont un impact positif sur la réussite scolaire des enfants, 94 % des enseignants du Québec en donnent presque toujours selon le Conseil supérieur en éducation.

Un texte de Geneviève Proulx

Ce n'est pas du jour au lendemain que ces enfants ont arrêté de composer des textes ou de résoudre des problèmes de mathématiques sur la table de la cuisine. « Une réflexion profonde a été faite. L'abolition des devoirs a amené un changement de pratique pédagogique en classe. Les enseignants ont dû modifier leur façon d'enseigner, par exemple », explique le directeur de l'école de La Passerelle, Alexandre Néron.

Il n'y a peut-être pas de devoir en tant que tel à faire, mais tous ont des lectures obligatoires. « Les élèves ont quand même des mots de vocabulaire ou des tables de multiplication à travailler, mais c'est dans la classe que c'est fait, sous forme de jeux, lors de petits moments au retour des récréations », ajoute-t-il.

Beaucoup plus que des enfants heureux

La mesure ne rend pas que les enfants heureux. Plusieurs parents disent que c'est une mesure gagnante pour eux, mais aussi pour les enfants, pour les enseignants et l'école. « Il y a des craintes quand des parents arrivent de l'extérieur. [...] On leur démontre qu'il n'y a pas d'impact quand on enseigne de la façon qu'on le fait », soutient M. Néron.

En effet, non seulement les taux de réussite se maintiennent dans cette école d'Asbestos, mais ils augmentent même selon le bilan dressé par la direction cinq ans après l'abolition des devoirs.

Cette décision n'a pas été prise dans le but de faire plaisir aux petits ou aux parents. L'école est située en milieu défavorisé et les enseignants remarquaient une grande disparité dans le soutien aux devoirs à la maison. L'objectif, en abolissant cette tâche, était notamment d'accroître la motivation des enfants et de rendre profitable chaque minute passée en classe.

Parce que les devoirs qui sont demandés aux enfants augmentent aussi la charge de travail des enseignants. « Expliquer les devoirs, faire le suivi le lendemain, gérer les devoirs non faits, faire la correction : c'était du temps qui était pris sur notre temps d'enseignement de qualité. On voit maintenant des élèves qui sont plus disposés à l'apprentissage parce qu'au lieu de refaire des devoirs à la maison, ils ont plus de temps de qualité en famille, pour faire des loisirs », soutient une enseignante en troisième année, Julie Élément.

Et le passage vers le secondaire?

Certains craignent que cette façon de faire ait des impacts lors du passage au secondaire. Chose que réfute le directeur de La Passerelle. « On prépare les élèves [au secondaire] dès la 4e année. Les élèves travaillent avec un agenda où ils inscrivent les échéances », donne en exemple Alexandre Néron.

À l'école secondaire d'Asbestos, L'Escale, le directeur soutient que le personnel n'a pas remarqué de différence entre les enfants provenant de La Passerelle et ceux qui arrivent d'ailleurs. Oui, certains avaient peur d'être incapables de suivre la cadence, mais tous ceux rencontrés par Radio-Canada ont indiqué s'être finalement adaptés, et ce, assez rapidement.

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