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Les enseignants demandent de plus en plus des réductions de tâche

La tâche des enseignants est de plus en plus lourde, même au primaire, et plusieurs d'entre eux choisissent de prendre congé une ou deux journées par semaine, parfois plus, pour être en mesure de soutenir la pression.

« C’est un phénomène qu’on observe depuis plus de dix ans », confirme la présidente du Syndicat de l’enseignement du Saguenay, Aline Beaudoin, qui ajoute cependant que le phénomène est en croissance et cause des problèmes d’organisation du travail.

« Il y a de plus en plus de personnes qui vont prendre une réduction de tâche ou ceux qui sont en fin de carrière vont prendre une retraite progressive pour se permettre d’avoir un peu de souffle », assure Mme Beaudoin, qui ajoute que c’est souvent une question de survie.

« On parle beaucoup de conciliation travail-famille, mais là c’est souvent une conciliation santé-travail », ajoute-t-elle, comparant la situation des enseignants à celle du personnel infirmier du réseau de la santé.

« C’est tout le modèle managérial avec la réduction de l’État, où est-ce qu’on a coupé énormément qui est en cause », déplore la syndicaliste. « On est allé beaucoup trop loin ».Manque de suppléants

Sauf que si cette pratique donne un peu de souffle aux enseignants, elle entraîne beaucoup de problèmes de gestions aux commissions scolaires.

La commission scolaire des Rives-du-Saguenay compte d’ailleurs réduire l’accès à ces réductions de tâche en imposant des critères précis pour accepter les demandes. Parmi ces critères : monoparentalité, maladie d’un enfant ou d’un proche.

« Il n’y a pas suffisamment de suppléants présentement pour répondre à tous les besoins », admet Aline Beaudoin, une situation qui résulte entre autres du fait que la profession attire de moins en moins les jeunes.

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