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Les femmes ne sont plus les bienvenues au Cabaret JR de Saguenay

Les clientes sont bannies depuis la fin de semaine dernière au Cabaret JR dans l'arrondissement de Jonquière, en dépit de la Charte des droits et libertés de la personne.

La loi interdit la discrimination basée sur le sexe. Le propriétaire du Cabaret JR soutient qu’il restreint la clientèle féminine pour protéger les danseuses nues qu’il embauche.

Serge Gilbert explique que des jeunes femmes se sont montrées irrespectueuses à l’endroit des effeuilleuses.

Des clientes auraient pris des photos et des vidéos pour les publier sur les réseaux sociaux. Elles auraient insulté les danseuses et même monté sur la scène à certains moments.

M. Gilbert explique que cinq des 12 danseuses prévues à l'horaire la semaine dernière refusaient de se donner en spectacle si des clientes entraient au bar.

Il admet que proscrire toutes les clientes est une décision arbitraire.

« J'ai été drastique mais je n'ai pas eu le choix de réagir », s’est-il défendu.

Serge Gilbert ajoute qu’il a peu de marge de manœuvre et qu’il cherche à rentabiliser un récent investissement de près d'un million de dollars.

Discrimination interdite

La Charte des droits et libertés de la personne du Québec interdit la discrimination basée sur le sexe dans un lieu commercial québécois.

Nul ne peut, par discrimination, empêcher autrui d’avoir accès aux moyens de transport ou aux lieux publics, tels les établissements commerciaux, hôtels, restaurants, théâtres, cinémas, parcs, terrains de camping et de caravaning, et d’y obtenir les biens et les services qui y sont disponibles.

Article 15 de la Charte québécoise des droits et libertés

M. Gilbert jongle avec l’idée d’élaborer un ratio homme/femme, au cours des prochaines semaines.

« Depuis septembre, il y a parfois une trentaine de femmes dans le bar, j'ai 140 places disponibles. Je pense à établir une proportion de cinq hommes pour une femme », soutient-il.

Il songe aussi à imposer un âge limite pour les clientes féminines.

Surprise chez les clientes

Deux femmes, qui se sont fait refuser l’entrée au Cabaret JR il y a quelques jours, ont été abasourdies.

« C’est discriminatoire, c’est comme retourner dans le passé, ça fait spécial parce qu’on n’a pas le droit d’aller quelque part parce que t’es une femme. C’est un peu dégradant je trouve », a raconté une cliente sous le couvert de l’anonymat.

Le conseiller municipal indépendant Carl Dufour a été tout aussi surpris d’apprendre que les femmes ne sont plus les bienvenues au Cabaret JR.

« En 2016, je pense qu’il faut être plus ouvert sur les possibilités d’inclure les dames », a-t-il mentionné en entrevue.

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