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Les sacrifices du grand frère de Samuel Girard enfin récompensés

Jeudi soir, lorsque Samuel Girard a marqué le premier but de sa carrière dans la LNH, ses deux frères, sa sœur et ses parents ont sauté de joie dans les gradins du Bridgestone Arena, à Nashville. « Tout ce qu'il a vécu, on l'a vécu avec lui », explique son frère Jérémy au lendemain de ce moment marquant.

Un texte de Julien Lamoureux

« C’était magique, il nous a fait vivre bien des émotions. Je ne peux toujours pas expliquer ça ce matin », poursuit-il. De deux ans l’aîné du défenseur des Predators, Jérémy a joué un rôle prépondérant dans la réussite professionnelle de son petit frère - plus prépondérant, du moins, que le frangin moyen.

Puisque la famille Girard vivait à Roberval, environ à 1 h 30 de Saguenay, où joue l’équipe midget AAA la plus proche, inscrire un jeune à ce niveau élite est très cher. Il faut prévoir une pension et des dépenses entre 10 000 $ et 15 000 $ par année.

Au moment où Samuel et Jérémy étaient tous deux d’âge midget, leurs parents les ont conviés autour de la table de la cuisine pour une discussion difficile. « Ils nous ont dit qu’il fallait prendre une décision. Il faudrait qu’un seul de nous deux aille jouer [dans la AAA]. »

La famille Girard n’a jamais roulé sur l’or. Les voyages, par exemple, ont été laissés de côté pour permettre l’inscription des enfants au hockey mineur.

« Sam avait du potentiel, on le voyait tous. Il avait fait l’équipe du Québec et les Jeux du Québec. Je me suis dit, je vais laisser mon petit frère y aller, on verra ce qui va se passer par la suite. »

« Aujourd’hui, il est rendu dans la LNH, et je suis très fier. »

Si Jérémy a des regrets, il ne le laisse pas paraître. « Chez nous, on est six [quatre enfants et deux parents], et chacun a dû faire des sacrifices. C’est comme une équipe de hockey : s’il y en a un qui n’embarque pas, ça ne va pas marcher. »

« Dans notre famille, tout le monde est embarqué, et aujourd’hui, on est les six à Nashville, avec nos conjoints et nos conjointes, on a vécu que de belles émotions », raconte-t-il au téléphone de l’aéroport avant son départ du Tennessee vers le Québec.

Une carrière plus modeste

Si les choses s’étaient passées autrement - en imaginant, par exemple, que Jérémy n’ait pas eu à choisir entre sa carrière et celle de Samuel -, le principal intéressé ne sait pas s’il serait aujourd’hui lui aussi dans le meilleur circuit de hockey au monde.

Le sport est un monde très dur, rappelle-t-il, qui demande beaucoup de sacrifices et dont on ne peut prédire l’issue.

Ceci étant dit, le hockey fait toujours partie de sa vie. Il s’aligne cette année avec les Élites de Jonquière AA pour sa dernière saison junior. « Je m’amuse avec mes amis, j’ai une copine, c’est plus tranquille, j’ai une job… », relate-t-il.

Jérémy mentionne avoir reçu un appel d’une équipe française professionnelle au début de l’été. Il ne sait pas où tout cela va mener, mais il reste ouvert - et surtout serein, puisque peu importe ce qui se produit, il peut vivre par procuration une carrière de hockey à travers son frère.

P.K., Ryan et Mattias

Il a d’ailleurs eu la chance de visiter un vestiaire de la LNH en compagnie de sa famille après le premier match de la carrière de Samuel, mardi. Un match au cours duquel ce dernier a récolté une passe, pendant que ses parents, ses deux frères et sa sœur pleuraient d’émotion dans l’aréna.

En rencontrant les coéquipiers de la recrue des Predators, Jérémy a découvert des joueurs intéressés au succès de leur coéquipier. « Les meilleurs joueurs de l’équipe, P.K. [Subban], Mattias Ekholm, Ryan Johansen, ils en prennent soin, ils lui donnent des conseils. »

Toute la famille a d’ailleurs apprécié la personnalité de l’ancien défenseur des Canadiens. « La première chose que P.K. a dite, vu qu’il savait que ma sœur tripait dessus, c’est : “elle est où ta sœur? Je vais prendre une photo avec elle!”. »

L’enthousiasme de Subban était également en évidence jeudi. Après que le tir sur réception de Samuel eut fait scintiller la lumière rouge derrière Ben Bishop, l’exubérant défenseur n’a pas mis de temps à sauter sur place, puis dans les bras de son jeune compagnon.

On ne sait pas encore si Girard passera la saison en entier à Nashville. D’ici à la prise de décision de l’entraîneur Peter Laviolette, Jérémy savoure chaque instant.

Et s’il fait la route de Roberval à Montréal, à la mi-février, pour voir son cadet sur la glace du Centre Bell, ce sera tant mieux.

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