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Lock-out des concessionnaires automobiles : Sam Hamad laisse une chance à la médiation

Au terme de la commission parlementaire de l'économie et du travail portant sur l'étude du projet de loi 71 visant à mettre fin au lock-out des 450 employés de garages de 25 concessionnaires automobiles du Saguenay- Lac-Saint-Jean, le ministre du Travail, Sam Hamad, accepte de donner une dernière chance à la médiation.   

Un texte de Chantale Desbiens

Le ministre propose de tenir les séances d'arbitrage avec deux assesseurs, un patronal et un syndical, dans le but de rétablir la confiance des parties. Il s'agit d'une demande faite en commission parlementaire par le Syndicat démocratique des employés de garage. Les discussions se dérouleraient sur la base de l'hypothèse de travail déposée par le médiateur Normand Gauthier, le 30 octobre dernier.

Si les parties ne s'entendent pas après une durée déterminée, le médiateur va trancher et rendra une décision finale.

Le syndicat et la Corporation des concessionnaires automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean doivent dire s'ils acceptent la proposition avant 23 h, mardi. S'ils refusent, la commission parlementaire sur le projet de loi 71 reprendra mercredi, comme prévu. 

Première journée d'examen du projet de loi

Dès le début de la commission parlementaire, le ministre du Travail, Sam Hamad, a demandé aux parties d'expliquer ce qu'il leur fallait pour régler le conflit de travail qui dure depuis 33 mois. « Mon grand souhait, ce n'est pas que le projet de loi soit en application », a-t-il réitéré, tout en reconnaissant le caractère exceptionnel du projet de loi qui intervient dans un conflit privé.

Le ministre Hamad a donc proposé à la Corporation des concessionnaires automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean et au Syndicat démocratique des employés de garage de relancer les discussions sur la base de l'hypothèse de travail déposée par le médiateur Normand Gauthier, le 30 octobre dernier.

Le président de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec, Jacques Béchard, a assuré que ses membres au Saguenay-Lac-Saint-Jean étaient en accord avec la proposition de M. Gauthier.

Quand le ministre du Travail a exprimé sa surprise du rejet de l'hypothèse de travail au président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), François Vaudreuil, celui-ci a indiqué que le syndicat des employés de garage souhaitait plutôt discuter de modifications à certains éléments, mais que cela avait été refusé. 

Le président du Syndicat démocratique des employés de garage, Georges Bouchard, a alors précisé que la proposition du médiateur au sujet des horaires de travail ne fonctionnait pas pour eux. « On a regardé pour trouver des contrepropositions sur certains éléments de l'hypothèse de travail, on a repris ça, on est allé rencontrer Normand Gauthier et on lui a soumis nos hypothèses de travail où on pouvait s'améliorer pour être capable de fonctionner, explique-t-il. Et quand on a rencontré la partie patronale, ça n'a pas pris cinq secondes que ç'a été rejeté. »

Le Syndicat démocratique des employés de garage du Saguenay-Lac-Saint-Jean s'est présenté à la commission parlementaire pour réclamer trois modifications au projet de loi.

Demande de retrait du projet de loi

Premiers à intervenir en commission parlementaire, les représentants des concessionnaires ont dénoncé le projet de loi 71, dont ils entendent contester la constitutionnalité s'il devait être adopté.

« Ce projet de loi matraque, et le terme n'est pas trop fort, voire cette épée de Damoclès, si elle était sanctionnée, aurait pour effet d'envenimer le conflit, car la conséquence serait un règlement forcé plutôt qu'un règlement négocié », a indiqué Jacques Béchard.

Les concessionnaires ont également martelé que les syndicats voulaient négocier une convention maîtresse et montrent du doigt l'intervention du gouvernement qui a contribué à prolonger les négociations en laissant planer l'imposition d'une loi spéciale.

« Quand on est en pattern syndical et qu'il y a un spectre de loi spéciale, il est préférable d'attendre que de briser le pattern qui pourrait avoir des conséquences », a souligné le directeur général de la Corporation des concessionnaires automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Sylvain Gauthier.

Par ailleurs, quand ils ont été questionnés sur les effets des 33 mois de lock-out sur leurs entreprises, les concessionnaires ont admis avoir maintenu leurs ventes de véhicules automobiles. « On a réussi à s'adapter », a ajouté le président de la Corporation des concessionnaires automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Gino Fortin.

Le syndicat des employés de garage se réunit en assemblée générale samedi pour présenter le projet de loi 71.

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