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Mésentente entre le Centre d’amitié autochtone de Saguenay et le regroupement provincial

Le Centre d'amitié autochtone de Saguenay se retrouve sur la sellette alors que l'organisme qui lui accorde une partie de ses subventions, le Regroupement provincial des centres d'amitié autochtone, l'accuse de malversations multiples et retient un montant de 83 000 $.

Le Centre d'amitié autochtone de Saguenay a été fondé en 2010 pour les autochtones vivant hors réserve. Il s'est désaffilié du regroupement provincial en novembre.

En mai, le regroupement a commandé un rapport à une firme juricomptable dont les conclusions sont dévastatrices pour le Centre d'amitié autochtone de Saguenay et sa directrice, Shantala Langevin.

Selon le document, on lui reproche d'avoir obtenu 14 000 $ pour 540 heures supplémentaires effectuées en 2015, alors que la politique prévoit que ces heures ne sont pas monnayables. Selon Mme Langevin, le montant a été approuvé par le conseil d'administration.

Le rapport conteste aussi l'achat d'un minibus pour 21 passagers que l'organisme aurait plutôt dû louer, ainsi qu'une formation sur le leadership et le climat qu'ont suivie trois employés à Toronto.

La directrice du Centre d'amitié autochtone se défend

En réponse aux critiques du Regroupement provincial des centres d'amitié autochtone, Shantala Langevin dit être victime d'une vendetta de la part de l'organisme.

« J'ai toujours fait ce que j'ai fait parce que j'y crois et parce que les besoins des membres des Premières Nations me tiennent à cœur. Quand j'ai reçu ce document-là, je m'en allais passer mon échographie pour mon bébé. J'ai été dans le même état que je suis, chamboulée », dit-elle.

Mme Langevin affirme que les montants reçus pour les heures supplémentaires sont justifiés parce que les heures ont été travaillées pour la réalisation de projets. Elle ajoute que le regroupement provincial avait donné son accord pour ces dépenses.

Elle rappelle aussi que le Centre d'amitié autochtone de Saguenay a reçu un prix d'excellence en 2015 de l'Association nationale des centres d'amitié pour son leadership.

Situation rare

Pour sa part, le Regroupement provincial des centres d'amitié autochtone précise que l'embauche d'une firme juricomptable pour vérifier les activités d'un centre est rare, mais que la situation est normale en raison du litige avec celui de Saguenay.

« Ce n'est pas nos habitudes, souligne la présidente du regroupement, Sylvie Jean. Le centre du Saguenay n'est plus membre du regroupement. Nous avions un avis légal de ne plus entrer en contact avec eux, mais il fallait quand même faire cette vérification-là. »

Mme Jean indique aussi que le rapport de vérification n'aurait pas dû être rendu public. « Ce n'est pas nous qui avons provoqué la publication de ce document, dit-elle. Il y a des évènements malheureux qui y sont rapportés, mais je ne commenterai pas. »

Bien que les allégations contenues dans le rapport soient alarmantes, le Regroupement se dit ouvert aux discussions. Sa présidente n'a pas l'intention, pour l'instant, de déposer des plaintes à la police.

D'après les informations de Véronique Dubé

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