Retour

Ottawa protégera l'habitat essentiel du béluga du Saint-Laurent

Un arrêté ministériel publié le 14 mai dernier vient protéger l'habitat essentiel du béluga du Saint-Laurent, une espèce en péril.

Un texte de Joane Bérubé

L'habitat essentiel du béluga du Saint-Laurent, soit la zone où les femelles mettent bas et élèvent leurs petits, sera désormais protégé dans la Loi sur les espèces en péril.

Cette zone, délimitée par les scientifiques depuis 2012, se situe entre Saint-Fabien, à l'ouest de Rimouski, et Saint-Jean-Port-Joli. Cela comprend aussi la rivière Saguenay jusqu'à la baie Sainte-Marguerite. Désormais, il sera illégal de détruire cet habitat.

Ottawa pourra aussi imposer de nouvelles restrictions aux travaux d'aménagement et de projets de construction dans le secteur.

Les activités seront évaluées au cas par cas et devront donc être autorisées avant leur commencement.

Des travaux comme ceux projetés par Énergie Est qui souhaitait aménager un terminal pétrolier au port de Cacouna devraient alors être évalués selon leurs impacts sur l'habitat et la population de bélugas. La détérioration par exemple de l'environnement sonore ou du potentiel d'alimentation serait alors considérée.

Une bonne nouvelle

Le directeur du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM), Robert Michaud, s'en réjouit. Mais c'est l'usage qui nous dira vraiment la portée de cette nouvelle disposition, pense-t-il. « On ne vient pas de mettre une cloche de verre sur l'habitat de bélugas », ajoute M. Michaud.

Le scientifique explique que l'habitat essentiel est surtout celui sans lequel on croit qu'une espèce en péril ne pourra pas se rétablir. Donc, il reste encore à faire pour protéger l'espèce. « Notamment contre le dérangement, et cette loi pourrait nous aider à évaluer les potentiels de dérangement », poursuit le directeur du GREMM.

Le public dispose maintenant de 30 jours pour formuler des commentaires avant que les arrêtés soient adoptés.

Décret de l'office de l'énergie

Les écologistes de la Société pour la nature et les parcs du Québec, de Nature Québec ou de la Fondation David Suzuki se félicitent de la décision du ministre des Pêches Hunter Tootoo.

Toutefois, ils rappellent à Ottawa qu'un certificat délivré conformément à un décret pris en vertu de la Loi sur l'Office national de l'énergie a préséance sur les interdictions visant à protéger l'habitat essentiel d'une espèce en péril. Ils demandent donc au ministre d'abroger cette disposition incluse dans la loi omnibus adoptée en 2012.

Le béluga du Saint-Laurent est inscrit sur la liste des espèces en péril depuis 2005.

Après avoir été stable durant plusieurs années, la population a commencé à décliner durant les années 2000, ce qui inquiète les chercheurs. Selon les dernières évaluations, il reste environ 900 bélugas dans le Saint-Laurent. Vers 1870, on estime qu'il y en avait de 7800 à 10 000 dans le fleuve.

Au cours des dernières années, les chercheurs ont observé une hausse des mortalités de nouveau-nés, sans pouvoir déterminer la cause exacte du phénomène.

La baleine noire de l'Atlantique Nord, qui fréquente aussi parfois le Saint-Laurent, est parmi les autres espèces protégées par l'arrêté ministériel du 14 mai.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine