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Pénurie d’éducatrices formées dans les CPE de la région

Les Centres de la petite enfance (CPE) du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont aux prises avec un problème de recrutement d'éducateurs et d'éducatrices diplômées au collégial. Les finissantes en éducation à l'enfance choisissent souvent le privé où elles ont plus d'heures de travail.

Un texte de Mélissa Savoie-Soulières

Les établissements publics doivent respecter un ratio de deux éducatrices formées sur trois, ce que plusieurs peinent à remplir depuis quelques années.

Au CPE Gari-Gatou de Jonquière, par exemple, 14 éducatrices se relaient pour s'occuper des enfants. Trois remplaçantes sont également disponibles sur appel, mais il en faudrait bien plus pour combler tous les besoins.

« Le besoin se fait ressentir beaucoup au niveau des remplacements d'heures de dîner, de journées de congé et surtout l'été. Le besoin est encore plus criant rendu à l'été parce que les filles ont en moyenne cinq semaines de vacances. Donc, cette période-là est assez difficile à combler », relate la coordonnatrice du Regroupement régional des CPE, Nathalie Laberge.

Les finissantes intéressées par les CPE, mais à certaines conditions

La plupart des étudiantes veulent aller travailler en CPE après leurs études. Cependant, le peu d’heures disponibles les décourage un peu.

« Moi c'est certain qu'au niveau des conditions le CPE m'attire beaucoup », affirme d’emblée Alexandra Simard, une étudiante en deuxième année en Techniques d’éducation à l’enfance au Cégep de Jonquière.

« [Mais les CPE] cherchent souvent des temps partiels, poursuit l’étudiante. Ou aussi des personnes sur appel. Nous, quand on est finissant du Cégep de Jonquière, ce qu'on a envie, c'est de travailler à temps plein dans notre domaine et dans les CPE, c’est ça qui est un peu moins évident. »

Un peu plus d’une trentaine d’étudiants terminent cette année dans ce programme technique. Les finissants devraient tous se trouver un emploi. La plupart choisiront le privé en raison des heures disponibles.

« C'est sûr que les jeunes qui sortent ils veulent avoir un travail assuré de plusieurs heures. C'est ça que les garderies privées sont capables d'offrir en ce moment. Donc, ils choisissent souvent avec un salaire, un taux horaire moindre, des conditions, des avantages sociaux moindres, mais avec plus d'heures assurées », explique le coordonnateur du programme, Gaétan Gagnon.

Une solution au printemps

Le Regroupement régional des CPE s'est penché sur le problème de pénurie. Il travaille sur une plateforme Web pour inscrire les besoins des CPE et les disponibilités des éducatrices. Cette banque ressemblera à ce qui existe déjà dans le milieu scolaire.

« Les gestionnaires vont avoir une banque de remplaçantes formées avec toutes les qualifications requises. Donc, c'est beaucoup plus efficient pour trouver des éducatrices rapidement », explique la coordonnatrice du Regroupement régional des CPE, Nathalie Laberge.

Les éducatrices pourront s'inscrire sur cette plateforme dès le mois de mai.

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