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Polémique autour du choix du prochain vérificateur général à Saguenay

La Ville de Saguenay aura un nouveau vérificateur général dans une semaine, mais on ignore toujours de quelle façon il a été choisi. Le processus soulève la controverse puisque Saguenay n'agit pas comme d'autres villes du Québec, qui tiennent plutôt à se tenir à distance de l'exercice pour une question d'impartialité.

Le maire Jean Tremblay devrait proposer sa nomination lundi au conseil de ville. Nous avons tenté de savoir si un processus de sélection avait été implanté, mais il refuse de nous le révéler. Pourtant, dans d'autres municipalités, comme Gatineau et Laval, la transparence est appliquée et le processus est rigoureux.À Gatineau, la prudence est de mise

Gatineau a lancé un appel de candidatures public dans le journal local afin de choisir son nouveau vérificateur général, comme pour n'importe quel cadre supérieur. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin tenait à se tenir à distance du processus. Il a donc formé un comité de sélection composé de trois élus, dont le président du conseil municipal.

Il trouve paradoxal que ce soient les villes elles-mêmes qui nomment leur propre vérificateur.

Quand c'est une fonction comme celle-là qui est, en quelque sorte, un contre-pouvoir, pour moi ça devrait être le vérificateur général du Québec qui embauche des gens et qui les assigne à des villes.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

« C'est pour ça que dans le processus qu'on a mis en place, explique le premier magistrat de Gatineau, je voulais qu'il y ait une distance parce qu'en fait, le premier qui est vérifié, c'est le maire et la fonction exécutive. »La façon de faire de LavalÀ Laval, la vérificatrice a quitté son poste depuis juillet. Le conseil a donc nommé un vérificateur intérimaire, en attendant que la firme Raymond Chabot Grant Thornton chasse des têtes à travers le Québec pour trouver la perle rare qui occupera ce poste de façon permanente. La firme avait le mandat de recruter largement dans les entreprises privées et publiques. Elle a identifié pas moins de 200 candidats potentiels qui répondaient à plusieurs critères, dont celui d’avoir 15 ans d'expérience dans des rôles de direction au niveau de la vérification interne.

Le comité de sélection était formé de quatre personnes : un représentant des ressources humaines de la Ville, un conseiller municipal du parti au pouvoir, une élue de l'opposition et un membre du comité de vérification de la municipalité. Le processus était chapeauté par le directeur général de la Ville, et non par le maire, qui a tenu à s'en dissocier.

Chez nous, on a des pratiques de dotation tout à fait neutres, impartiales et indépendantes. Il n'y aucun processus d'ingérence, d'interférence. On a une politique qui a été adoptée par le conseil de ville il y a quelques années qui assure l'indépendance du processus.

Marc-André Vigeant, directeur général de la Ville de Laval

Un contraste à Saguenay

Lors de la séance du dernier conseil municipal à Saguenay, la conseillère Julie Dufour a voulu en savoir davantage sur la nomination du futur vérificateur. Le maire lui a répondu que c'est lui, avec le comité exécutif, qui a toujours nommé les employés-cadres de la Ville parce qu'il croit être le meilleur pour le faire.

« Je connais ça un peu plus que vous, a mentionné le maire Jean Tremblay lors de cette séance. Je ne veux pas vous mépriser, mais je pense que vous n’avez pas travaillé dans ça souvent, et moi je me trouve bon parce qu’à date, je ne me suis pas trompé dans les cadres et la ville va bien. Les gens respectent le budget. Et même pour les vérificateurs, les derniers vérificateurs qui ont été nommés, tout le monde est d'accord pour dire qu'ils étaient très bons et il va être nommé de la même façon. »La conseillère municipale Julie Dufour doit tenir un point de presse à ce sujet, mercredi après-midi, en compagnie de son avocat.

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