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Pour en finir avec les lapins de Pâques abandonnés

À l'approche de Pâques, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) déconseille fortement d'offrir un lapin en cadeau, à moins qu'il soit en chocolat. Chaque année, elle reçoit en moyenne 250 lapins abandonnés par leurs nouveaux propriétaires, qui ne s'attendaient pas à devoir consacrer autant de temps et d'efforts à s'en occuper.

Un texte de Myriam Fimbry

La SPCA reçoit des lapins abandonnés tout au long de l'année. Ils ont en moyenne 8 ou 9 mois.

« On en a eu 294 l'année dernière, c'est quand même inquiétant », souligne la porte-parole Anita Kapuscinska. « En parlant avec les familles, on s'aperçoit que, la plupart des lapins qu'on reçoit, elles les ont eus comme cadeau surprise ou elles les ont achetés dans une animalerie dans la période de Pâques. »

Lors de ces achats, les nouveaux propriétaires prennent rarement toute la mesure du temps, de l'argent et des efforts qu'ils devront consacrer à répondre aux besoins de l'animal.

Ils ne connaissent pas très bien le comportement du lapin, qui peut se mettre à mordre lorsqu'on empiète sur son territoire, en changeant sa litière par exemple, ou si on ne lui permet pas de sortir de sa cage pour faire de l'exercice.

« Il faut savoir qu'un lapin a beaucoup d'énergie. Il a besoin d'une cage assez grande et d'un minimum – je dis bien un minimum – de quatre heures de liberté par jour, dans un endroit sécurisé. Il doit vraiment être capable de s'étirer, il doit courir. Ça fait partie de ses besoins de base », explique Anita Kapuscinska.

Ces petites boules de poils sont tellement mignonnes qu'elles séduisent en particulier les enfants, qui veulent les caresser et les prendre dans leurs bras. Malheureusement, ce n'est pas ce qui plaît le plus à un lapin.

Anna Bau, une Montréalaise croisée dans les locaux de la SPCA, est déjà propriétaire de deux lapins, qu'elle veut garder, mais elle reconnaît que c'est exigeant. « Ça demande toujours du temps. Ils ont besoin d'affection, ils ont besoin d'interaction, ils ont besoin de foin frais tous les jours, de changer la litière, de l'espace libre. »

D'ailleurs, c'est son fils qui a eu l'idée d'adopter les deux lapins, une décision qu'ils ont mûrie ensemble. Mais c'est surtout elle qui s'occupe de laver la cage et de changer la litière.

Anna Bau prévient également que les frais de vétérinaires sont plus élevés pour un lapin, considéré comme un animal exotique. Un jour, il lui a fallu débourser jusqu'à 600 $ pour soigner une diarrhée.

Les animaleries qui vendent des lapins ne préviennent pas toujours les acquéreurs de ces divers inconvénients.

Elles s'occupent de répondre à la demande, qui va croissante à l'approche du congé pascal. Certaines pratiques commerciales choquent Jason Mossa, directeur de l'Association des lapins du Québec, un mouvement de défense des lapins.

Ces jours-ci, il observe que les commerçants entassent plusieurs lapins dans des cages trop petites. Des lapereaux séparés de leur mère bien trop jeunes. « J'en ai vu un, hier, âgé seulement de 3 semaines! », raconte-t-il.

L'Association des lapins du Québec regroupe des bénévoles, amoureux des lapins, qui se promènent dans les animaleries et témoignent des mauvaises conditions de captivité.

La SPCA déconseille d'acheter un lapin en magasin. Ils sont des centaines chaque année dans les refuges et en famille d'accueil, en attente d'une adoption.

Elle organise samedi et dimanche des ateliers gratuits sur les besoins et comportements des lapins. Il sera possible d'apprendre à fabriquer des petits jouets en matières recyclées, ou encore un « condo à lapin », sorte de cage à deux étages.

Ces ateliers sont ouverts à tous, propriétaires ou non de lapins. La SPCA espère ainsi diminuer le nombre d'abandons et, pour ceux qui n'ont pas de lapin, les préparer à une éventuelle adoption.

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