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Prêtre pédophile de Saguenay : six ans de prison pour Paul-André Harvey

L'abbé Paul-André Harvey est condamné à une peine de six ans de pénitencier pour avoir fait 39 victimes de 6 à 12 ans, ainsi qu'une femme de 23 ans, entre 1963 et 1987.

L'homme de 78 ans a reconnu sa culpabilité, en juin, à une quarantaine d'accusations d'attentat à la pudeur et de grossière indécence.

Les agressions se sont déroulées dans plusieurs paroisses de Saguenay dont Paul-André Harvey s'occupait. Entre autres, le prêtre se liait d'amitié avec les parents de ses victimes. Il organisait aussi des soirées de cinéma au sous-sol de l'église, s'occupait des servants de messe et était aumônier des jeannettes.

En rendant sa sentence, le juge Pierre Lortie a souligné la vulnérabilité des victimes et leur nombre important. Il a retenu également que l'abbé Harvey utilisait la religion pour imposer le silence. Le juge note tout de même que le prêtre a reconnu sa culpabilité et qu'il avait parlé de sa déviance à ses supérieurs qui lui auraient dit de prier plus fort.

« Justice est faite », selon une victime

La seule des victimes de Paul-André Harvey qui a demandé la levée de l'ordonnance de non-publication sur son identité, Suzanne Tremblay, s'est adressée aux médias en sortant de la salle d'audience.

« Je ne m'attendais pas à six, ans, je m'attendais à moins que ça. C'est un juge qui a été très compréhensif. Justice est faite », a-t-elle déclaré, tout en soulignant qu'aucune sentence ne pouvait réparer le tort que les victimes ont subi.

Mme Tremblay a surtout déploré le fait que Paul-André Harvey était seul au banc des accusés, laissant entendre que d'autres agresseurs auraient dû se trouver à ses côtés.

Elle en veut aussi à l'Église et à l'évêque du diocèse de Chicoutimi, Mgr André Rivest, qui ont soutenu que les prêtres et les évêques encore vivants lors du dépôt des accusations contre l'abbé Harvey ont tous dit que la situation leur était inconnue.

L'avocate du diocèse, Estelle Tremblay, avait indiqué qu'une enquête interne n'avait révélé aucune lettre de victimes ou de parents à l'évêché.


La femme promet de continuer de se battre pour que la vérité soit mise au jour. Elle affirme que d'autres plaintes pourraient être portées et qu'un recours collectif pourrait être entrepris.

Suzanne Tremblay demande également à l'Église d'aider financièrement les victimes pour réparer le tort qui leur a été fait.

Réaction du diocèse de Chicoutimi

Le diocèse de Chicoutimi a réagi par communiqué à la peine prononcée contre Paul-André Harvey. Comme il l'avait fait après l'aveu de culpabilité du prêtre, en juin, le diocèse dénonce « l'immoralité des gestes posés et compatit à la souffrance infligée aux victimes, en reconnaissant leur courage d'avoir contribué à faire la vérité. »

L'abbé Harvey a adressé une demande au pape pour être relevé de son sacerdoce, ce qui a été accepté. Il n'y aura donc pas de procès canonique.

Paul-André Harvey était à la retraite depuis 2002.

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