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Projet Vaudreuil : des consultations autour de l’acceptabilité sociale, de l’environnement et de l’emploi

Une centaine de personnes ont assisté à la consultation publique organisée par Rio Tinto sur le projet Vaudreuil au-delà de 2022, qui entraînera un agrandissement du site de disposition des résidus de bauxite.

Un texte de Chantale Desbiens

Une douzaine de citoyens ont présenté des mémoires, mardi soir, à la suite du dépôt de l'étude d'impact réalisée par Rio Tinto. Le président de la consultation, André Delisle, a assuré les participants qu'il respecterait le fonctionnement du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), même si les audiences sont commandées par la compagnie.

Un peu plus de la moitié des mémoires présentés visaient à soulever des craintes par rapport à l'emplacement du futur site que veut développer la compagnie à compter de 2030, situé à l'est de l'usine Vaudreuil. Ce site empiéterait sur une partie du boisé Panoramique, utilisé par les amateurs de vélo de montagne et les randonneurs.

Le porte-parole de Québec solidaire dans Chicoutimi, Pierre Dostie, a réclamé que Rio Tinto trouve une solution de rechange. « Pour nous, c'est très important de préserver cette ceinture verte là, et en conséquence d'utiliser un site alternatif plus éloigné et sécuritaire pour l'environnement et la santé humaine », a-t-il indiqué.

Le représentant de Vélo Chicoutimi, Jean-Robert Wells, a pour sa part déploré la perte d'une quinzaine de kilomètres de sentiers de vélo de montagne avec le projet d'agrandissement du site de résidus de bauxite. Aménager de nouveaux sentiers coûterait près de 300 000 $ à l'organisme.

Le directeur général du Conseil régional de l'environnement et du développement durable (CREDD) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Tommy Tremblay, croit qu'il aurait été souhaitable que l'analyse du projet soit confiée au BAPE. Il critique également la méthode utilisée par Rio Tinto pour choisir le meilleur site d'entreposage.

Le CREDD suggère également que le promoteur saisisse l'occasion de mettre en place une ceinture verte tout autour du complexe Jonquière.

Plus tôt dans la journée, le Comité pour un Vaudreuil durable (CVD) a dévoilé le contenu de son mémoire dans lequel la présidente, Lana Pedneault, déplore ce qu'elle qualifie de chantage à l'emploi de la part de Rio Tinto.

Maintien des emplois

Plusieurs employés de Rio Tinto étaient aussi présents à la consultation publique, parce qu'ils craignent la fermeture de l'usine Vaudreuil si le projet d'agrandissement du site d'entreposage des résidus de bauxite n'est pas accepté.

Le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA), Alain Gagnon, est venu donner son appui au projet afin de maintenir les emplois dans la région. L'usine Vaudreuil crée plus de 1000 emplois directs et indirects et représente des retombées annuelles de 135 millions de dollars, selon Rio Tinto.

La Chambre de commerce de Saguenay-Le Fjord affirme que la région a besoin d'un nouveau souffle avec des emplois de qualité.

Un employé de l'usine Vaudreuil, Jonathan Fortin, s'est dit surpris d'entendre les opposants affirmer que l'information est insuffisante et manque de transparence. Il a participé au comité visant à faire le point sur projet Vaudreuil au-delà de 2022 et juge que l'information était claire.

Le président de la consultation a tout de même servi une mise en garde à l'ingénieur Pierre Charbonneau, qui a déposé une pétition d'appui de plus de 8000 noms pour l'agrandissement du site. André Delisle a donné l'exemple du BAPE qui a pour directive de ne pas tenir compte des sondages et des pétitions. « Vous vous avancez énormément en disant qu'avec une pétition de 8000 noms, ça démontre l'acceptabilité sociale », a-t-il conclu.

Les citoyens ont jusqu'à la fin de la semaine pour faire des commentaires sur le projet.

À lire aussi : Avenir de l'usine Vaudreuil de Rio Tinto : quand l'économie affronte l'environnement

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