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Quand la grande entreprise fait des demandes aux municipalités sans offrir de garanties

Le dossier de l'agrandissement du site de résidus de bauxite de Rio Tinto met en lumière les relations particulières qui existent entre les municipalités et la grande entreprise.

Un texte de Frédéric Tremblay

Si l'avenir de l'usine Vaudreuil demeure au cœur des négociations, l'actualité régionale rappelle que le développement industriel dépend souvent des décisions des élus municipaux. Mais qu'en est-il des engagements des compagnies?

En décembre 2015, la Ville de Saint-Honoré et le gouvernement du Québec ont autorisé le changement de zonage de terres agricoles dans la municipalité pour permettre à la mine Niobec d'agrandir son parc de résidus.

Les démarches ont été entreprises à l'époque où un important projet d'expansion de la mine, de 1,6 milliard de dollars, était envisagé. Le projet a été abandonné en mars 2015 parce qu'il n'était plus économiquement viable. Les besoins pour le niobium, un métal utilisé dans la production d'acier, n'étaient plus les mêmes en raison de la baisse de production des aciéries.

« La mine, avant qu'elle soit vendue, il devait y avoir une expansion de 1,6 milliard et finalement, du jour au lendemain, ç'a été vendu et du revers de la main, souligne le maire de Saint-Honoré, Bruno Tremblay. Il n'y a pas vraiment de garantie, mais ce qu'ils nous garantissent nous, c'est qu'avec la restructuration qu'ils ont faite dernièrement, ils nous garantissent encore un 25 ans d'exploitation de la mine. Moi je pense que c'est intéressant pour Saint-Honoré. »

À Saguenay, Rio Tinto prétend que l'avenir de l'usine Vaudreuil est directement lié à l'agrandissement du site de résidus de bauxite, mais demeure vague sur la pérennité des installations.

Selon l'économiste et professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Marc-Urbain Proulx, les municipalités sous-estiment leur rapport de force face aux compagnies.

Ainsi, la rareté du niobium à l'échelle planétaire permettrait à Saint-Honoré de négocier plus fermement avec Magris Resources, le propriétaire de la mine.

Le maire Bruno Tremblay rappelle toutefois que le marché des ressources naturelles empêche les multinationales de s'engager à long terme.

« Dans ma tête à moi, il n'y a pas nécessairement de rapport de force, dit-il. Sauf que mettons la mine, demain matin, ils disent on agrandit le parc à résidus parce qu'on en a encore pour 25 ans, mais si demain matin on dézone puis finalement le marché tombe, c'est qui qui contrôle ça? C'est mondial le niobium et tous les marchés de tous les métaux c'est mondial, fait que le contrôle, c'est le marché. »

Niobec rejette annuellement 2,3 millions de tonnes de roches dans son parc de résidus. Les travaux d'agrandissement devraient être terminés d'ici la fin de 2017.

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