Retour

Recrutement d’étudiants à l’étranger : entre les exigences d’Ottawa et les besoins du Québec

Les établissements collégiaux et universitaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean investissent beaucoup de temps et d'argent pour recruter des étudiants étrangers puisque cette clientèle permet de pallier le déclin démographique, en plus de combler des besoins en main-d'œuvre dans certains secteurs névralgiques.

Le Cégep de Jonquière, par exemple, a de la difficulté à recruter un nombre suffisant d'étudiants pour son programme de technique en génie chimique.

Seulement huit étudiants de première année y sont inscrits cette année, soit deux de moins que le minimum requis. Pourtant, ce programme n'est offert que dans deux cégeps au Québec et la demande de main-d'œuvre est grande dans ce secteur.

Quand le Cégep a finalement réussi à recruter deux étudiantes du Cameroun pour ce programme, leur demande de visa a été refusée par Immigration Canada. Les deux Camerounaises avaient pourtant obtenu leur certificat d'acceptation du Québec, en plus d'une exemption de frais de scolarité. 

La directrice des études du Cégep de Jonquière, Jasmine Gauthier, déplore la situation.

Motifs de refus

Les motifs invoqués par Immigration Canada pour refuser un permis d'étude à un étudiant étranger sont nombreux et les établissements d'enseignement n'en sont généralement pas informés.

Parmi ces motifs, Ottawa justifie souvent un refus par la volonté d'un candidat à demeurer au pays une fois ses études complétées.

Il est également interdit aux établissements d'enseignement d'accompagner un étudiant dans sa demande de visa puisqu'il s'agit d'une infraction passible d'une amende. Seuls les agents d'immigration peuvent le faire.

Une formation sera cependant offerte cet automne pour former des agents d'immigration dans les cégeps et universités qui en font la demande.

Discussions entre Québec et Ottawa

De passage à l'Université du Québec à Chicoutimi mardi, la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, disait justement souhaiter que les étudiants étrangers soient de plus en plus nombreux à venir étudier au Québec et à y rester une fois leurs études complétées.

En réponse aux problèmes vécus par les établissements d'enseignement, elle assure que son gouvernement est en pourparlers avec Immigration Canada pour harmoniser les exigences du fédéral avec les besoins de main-d'œuvre du Québec.

« Nous sommes en discussion avec le gouvernement fédéral sur cette question-là des visas et, évidemment, c'est un enjeu de vouloir retenir les étudiants, reconnait-elle. On est conscient que ce ne sont pas tous les étudiants qui voudront rester, mais si on était capable d'avoir un taux de rétention plus élevé, ce serait un objectif. »

Plus d'articles

Commentaires