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Résidences privées : les employés réclament 15 $ de l'heure

Les quelque 3000 employés de 32 résidences privées pour personnes âgées du Québec, qui sont en grève illimitée depuis lundi, réclament un salaire minimum de 15 $ l'heure.

La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), qui a lancé une campagne pour revendiquer une hausse du salaire minimum à 15 $ de l'heure, fonde son argumentaire sur cette politique pour réclamer ce niveau salarial pour l'ensemble de ses syndiqués.

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, avance que le salaire moyen des employés des résidences privées pour personnes âgées est de 12,50 $ de l'heure. « On pense que c'est vraiment insuffisant pour vivre décemment au Québec, mais pour avoir des gens compétents », déplore M. Boyer.

« Si on veut des gens compétents pour s'occuper de nos personnes âgées, il faut leur donner des conditions de travail acceptables, poursuit M. Boyer. Ça passe nécessairement par un salaire décent, c'est-à-dire de 15 $ [de l'heure]. »

« L'État a de plus en plus d'exigences pour ceux qui travaillent auprès des personnes âgées dans les résidences privées, donc on exige de plus en plus de compétences; si on veut des gens compétents, il faut les payer, sinon il y aura un roulement de personnel », poursuit M. Boyer.

Le président de la FTQ souligne que certaines résidences réclament de 5000 $ à 6000 $ par mois de leurs clients et paient leurs employés moins de 15 $ l'heure.
Les moyens de pression des employés sont limités, puisque les travailleurs des résidences privées pour personnes âgées sont assujettis à la loi sur les services essentiels. Ils feront sentir leur mécontentement notamment en utilisant de la vaisselle jetable et en omettant de faire des lits, selon M. Boyer.

Les 32 conventions collectives sont échues depuis au moins le début de l'année 2016. « Nous, on ne veut pas faire la grève à tout prix, ce n'est pas ça le but, déplore M. Boyer. Le but, c'est d'avoir une convention collective négociée, signée, de gré à gré, de bonne foi, avec des conditions de travail acceptables pour les gens qui prennent soin de nos personnes âgées. »

Une question d'équilibre

Le pdg du Regroupement québécois des résidences privées pour aînés Yves Desjardins convient qu'il serait plaisant d'accorder des augmentations salariales à tous les employés, mais, prévient-il, la facture serait refilée aux personnes âgées. « Tout le monde mérite plus d'argent, mais il y a un équilibre à maintenir », avance-t-il.

« C'est le juste équilibre qu'il faut maintenir dans les résidences pour aînés parce que toute augmentation de coûts se répercute sur le loyer, et ce sont les aînés qui les paient », explique M. Desjardins. Il estime que l'équilibre entre les revenus et les dépenses des résidences est essentiel afin de maintenir les résidences en bonne santé financière.

M. Desjardins réplique à M. Boyer que des loyers de résidences à 5000 $ ou 6000 $ sont exceptionnels et qu'ils viennent avec des services « à la carte ». Il ajoute qu'il est difficile de comparer le travail dans les résidences privées à celui des CHSLD. Les cas sont plus lourds, selon lui, dans les CHSLD.

M. Desjardins estime qu'il faut laisser la négociation se dérouler dans chacune des résidences privées puisque les réalités sont différentes d'un endroit à un autre. Il précise qu'il n'y a pas de négociation collective en raison de cette disparité d'un milieu à un autre.

Les conventions collectives des 32 résidences sont échues depuis au moins le début de l'année 2016.

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