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Rio Tinto a été « excessivement malhabile » dans sa communication, dit Philippe Couillard

Le premier ministre du Québec critique la manière dont Rio Tinto a communiqué avec la communauté régionale lors de l'annonce de l'abolition d'une centaine de postes à l'usine Grande-Baie d'ici trois ans.

« S'il y a quelque chose à reprocher à l'entreprise, et on doit lui reprocher et elle l'a reconnu elle-même, c'est d'avoir été excessivement malhabile dans la communication de cela », a affirmé Philippe Couillard mercredi matin à l'émission Café boulot, Dodo, sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première.

Quand on est un acteur corporatif, on est un citoyen corporatif également, et il faut mieux communiquer avec la population, la région et les groupes avec lesquels on vit.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

« Il y a plusieurs dossiers épineux entre Rio Tinto et la communauté présentement », a souligné M. Couillard, évoquant le site d'entreposage des boues et la gestion du lac Saint-Jean. « J'ai été content de voir dans la lettre publiée par l'entreprise qu'on a pris conscience de ça et qu'on va améliorer les communications avec la communauté », a-t-il ajouté.

La semaine dernière, Philippe Couillard a été vivement critiqué pour avoir manifesté son soutien à Rio Tinto après l'annonce de la suppression des postes.

Le premier ministre et député de Roberval rappelle toutefois que « les changements dans une entreprise sont inévitables. La technologie fait en sorte qu'au cours des prochaines années, dans toutes les entreprises, dans toutes les professions, on aura besoin de moins de personnes pour faire le même travail ».

Québec veut soutenir les activités de Rio Tinto dans la région

« La présence de Rio Tinto chez nous est un atout non seulement majeur, mais absolument indispensable à la croissance et à la diversification de notre économie, alors nous, on va continuer de les appuyer », soutient Philippe Couillard, qui rappelle que « les Québécois donnent des avantages à l'entreprise, notamment avec notre électricité ».

« Comme j'ai dit au dirigeant mondial de l'entreprise, j'ai dit "'Monsieur, si vous voulez faire maintenant AP-60, on est avec vous maintenant. On a des gestes à poser avec vous, on a des outils à votre disposition pour que ça se fasse. Mais vous devez prendre cette décision" »

Selon le premier ministre, « une grande partie du malaise qui existe entre l'entreprise et la région vient du fait que ses décisions d'investissements tardent à être confirmées, ce qui amène les gens dans une situation d'incertitude ».

M. Couillard rappelle que la concurrence de la Chine demeure un enjeu majeur pour l'industrie de l'aluminium, mais il croit que la capacité de produire de l'aluminium avec une faible empreinte écologique sera une valeur ajoutée pour les alumineries du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Une entreprise qui doit faire sa part, selon le Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma

De son côté, le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma (STAA-Métallos), Alexandre Fréchette, estime que « M. Couillard parle de Rio Tinto comme si c'était une entreprise normale. Ce n'est pas comme une entreprise qui ne reçoit rien du gouvernement. On donne littéralement la source de profit à la compagnie. On se doit d'avoir quelque chose en échange ».

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