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Rio Tinto regroupe toutes ses usines du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Une restructuration majeure est en cours à la division aluminium de Rio Tinto dans la région.

La haute direction vient d'annoncer aux employés que les cinq usines de la région seront regroupées en une seule entité administrative. La production de l'aluminerie Saguenay-Lac-Saint-Jean est de 1,3 million de tonnes d'aluminium, ce qui en fera la plus grande aluminerie en Amérique du Nord. La nouvelle entité sera dirigée par Guy Gaudreault, qui était à la tête de l'aluminerie Alma.

Rio Tinto souhaite ainsi faire concurrence aux alumineries de la Chine et du Moyen-Orient qui produisent plus de 1 million de tonnes de métal.

« En ayant une structure qui est uniforme, on va avoir de meilleures synergies, ajoute Mme Vu. Ça nous permet d'avoir une structure qui est agile, qui est flexible, et vraiment qui nous positionne comme chef de file et qui nous garde en tête de peloton dans les producteurs d'aluminium. »

La direction affirme que la structure opérationnelle dans la région sera revue, ce qui devrait entraîner des pertes d'emplois. Elle n'est toutefois pas en mesure de dire de quelle ampleur elles seront.

La période de transition est prévue pour avril.

Crainte pour les emplois

Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, est outré de la décision de Rio Tinto qui risque d'entraîner des pertes d'emplois dans la région.

« Un moment donné, il va falloir se questionner sur tout ce qu'on donne par rapport à ce qu'on reçoit, affirme M. Cloutier. Je veux bien l'argument de la multinationale internationale qui doit se comparer à ce qui se fait ailleurs, ceci dit, tu as beau fusionner, ça ne donne pas une tonne supplémentaire de production d'aluminium et en bout de course, l'objectif c'est encore de couper et de rationaliser. »

Le professeur d'économie à la retraite de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Gilles Bergeron, se demande si Rio Tinto va pouvoir diminuer ses coûts avec cinq usines d'âge et de technologies différentes, par rapport à une énorme aluminerie chinoise.

« On ne peut pas retrouver les économies d'échelles qu'on retrouve dans une même et grande usine. On ne peut pas retrouver non plus les technologies qui permettent de diminuer les coûts, indique-t-il. Donc, c'est davantage une réorganisation administrative et les économies normalement vont se faire au niveau de la suppression des tâches de gestion. »

Les travailleurs se disent peu inquiets parce que ce sont davantage des postes de cadres qui seront touchés par la restructuration.

Quoi qu'il en soit, le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida, Alain Gagnon, déplore la perte éventuelle d'emplois de qualité.

« Ils rapetissent, ils enlèvent les doublons. On voit que là, Rio Tinto, le mot Alcan est disparu aujourd'hui. C'est complètement la gestion Rio Tinto, une souplesse qu'ils disent pour faire face aux problèmes économiques », souligne Alain Gagnon.

Le Syndicat des travailleurs de l'aluminerie Alma (STAA-Métallos) s'est abstenu de commenter la situation pour l'instant. Les dirigeants doivent rencontrer la direction la semaine prochaine pour connaître les changements à venir.

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