Retour

Rio Tinto s’inquiète d’une éventuelle surtaxe américaine de 50 % sur l’importation d’aluminium

Rio Tinto s'inquiète des effets d'une éventuelle mesure protectionniste américaine. Selon le Globe and Mail, le syndicat des Métallos américains, les Steelworkers, réclame une surtaxe de 50 % sur le prix de l'aluminium importé.

Le syndicat américain souhaite ainsi protéger les emplois et réduire les fermetures d'alumineries aux États-Unis.

Actuellement, l'industrie canadienne de l'aluminium exporte 85 % de son métal produit aux États-Unis.

« On a fait plusieurs efforts au cours des dernières années pour réduire nos coûts pour être compétitifs, souligne la porte-parole de Rio Tinto, Claudine Gagnon. Le marché nord-américain est un marché très important pour nous. Cette mesure-là, si elle était appliquée, aurait vraiment des impacts importants sur l'ensemble de nos opérations. »

Le président de l'Association de l'aluminium du Canada, Jean Simard, affirme pour sa part qu'en voulant combattre le dumping de la Chine et de la Russie, les syndiqués américains mettent en péril un réseau intégré de commerce parmi les plus efficaces au monde.

Il craint que le contexte des élections présidentielles américaines rende la défense de ce dossier difficile, malgré l'appui des gouvernements canadien et québécois.

« On est dans un contexte politique très volatile, et les décideurs américains n'auront d'écoute que pour le citoyen américain, pour ne pas dire l'électeur américain. C'est un jeu très complexe de diplomatie commerciale, mais dont le site de déroulement est aux États-Unis. Il va falloir trouver les bonnes façons d'intervenir avec les bons individus auprès des bonnes personnes. »

Réactions syndicales

Le syndicat des Métallos prend très au sérieux la menace de l'imposition d'une surtaxe de 50 % sur l'aluminium canadien exporté aux États-Unis.

Le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminerie d'Alma (STAA-Métallos), Alexandre Fréchette, assure que la direction du syndicat a entrepris des démarches auprès du syndicat américain dès que la demande a été connue.

« On a le soutien de la direction des Métallos québécois qui ont fait et qui feront des démarches pour faire exclure l'aluminium canadien de la démarche entreprise par les Métallos américains, précise M. Fréchette. Ce qu'on a comme assurance, c'est que les démarches vont être faites par le syndicat international des Métallos pour exclure l'aluminium canadien de la démarche. »

De son côté, le directeur de la FTQ au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Marc Maltais, se dit moins préoccupé. En entrevue à l'émission Café, boulot, Dodo, il a affirmé que le syndicat américain vise principalement les producteurs chinois qui ne respectent pas les prix à la bourse mondiale des métaux, le London Metal Exchange (LME).

« Il n'y aurait pas de conséquences pour le Canada, croit Marc Maltais. Pour nous, on vend selon les prix de cette bourse des métaux, donc on serait un marché qui serait exclu de cette tentative-là des travailleurs américains. »

Les Métallos américains ont envoyé une pétition à la Maison-Blanche pour que le gouvernement intervienne rapidement à propos du prix de l'importation de l'aluminium.

Plus d'articles

Commentaires