Retour

Saguenay : le maire Jean Tremblay explique les raisons de son départ

Au lendemain de l'annonce de son retrait de la vie politique à la fin du présent mandat, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a donné plus de détails sur sa décision lors d'une entrevue à l'émission L'heure de pointe.

Un texte de Chantale Desbiens

M. Tremblay a précisé que la formation du Parti des citoyens, le parti politique qu'il a fondé, a précipité l'annonce qu'il prévoyait d'abord faire un an avant les prochaines élections municipales.

Son équipe s'apprêtait à lancer une campagne de financement et à vendre des cartes de membres du parti et le maire croit qu'il devait être honnête envers elle. « Derrière tout ça, tout ce monde-là va travailler pour Jean Tremblay, pour faire réélire Jean Tremblay. Si je les fais travailler et si on y va, il faut être honnête, il n'y a plus de reculons. C'est jusqu'au bout et on y va », dit-il.

Le maire de Saguenay sent qu'il a fait le tour du jardin et qu'il a accompli ce qu'il souhaitait après un cinquième mandat à la tête de la Ville.

S'il se défend de quitter la politique en réponse aux sondages qui font état de sa baisse de popularité, Jean Tremblay reconnaît qu'il disait lui-même de l'ex-maire de Chicoutimi, Ulric Blackburn, qu'il était temps qu'il se retire après 16 ans à la mairie.

Le maire Tremblay raconte que même ses amis lui ont fait sentir qu'il devait envisager sa retraite de la mairie de Saguenay. « Il y en a beaucoup qui me disaient : "tu as fait le tour du jardin, veux-tu vraiment te représenter?" Quand tu te fais dire ça par des amis, ça veut dire que c'est peut-être le temps que tu réfléchisses. »

De l'opposition partout

Jean Tremblay affirme que l'arrivée du parti d'opposition l'Équipe du renouveau démocratique (ERD) n'a rien à voir avec son départ et qu'il vit bien avec la présence des conseillères de l'ERD autour de la table du conseil municipal.

« L'opposition dans le fond, ce n'est pas la fin du monde à Saguenay, mentionne-t-il. Oui ça fait un petit spectacle à l'assemblée, mais après l'assemblée, je ne les vois plus. »

Le maire de Saguenay souhaite qu'un projet comme ceux de gaz naturel liquéfié Énergie Saguenay, de la mine d'Arianne Phosphate ou de l'agrandissement de l'usine AP -60 de Rio Tinto démarre avant la fin de son mandat.

Il est fier d'avoir contribué à unir sept villes pour former Saguenay. Par contre, Jean Tremblay garde une grande déception au niveau personnel.


Il dit n'avoir aucune idée de ce qu'il fera après novembre 2017.

L'annonce de Jean Tremblay a surpris le député conservateur de Roberval, Denis Lebel, qui a salué l'implication politique de Jean Tremblay. « J'avouerai une certaine surprise avec ce qui reste à faire dans le mandat municipal, dit-il. On doit reconnaître que quelqu'un qui implique 20 ans de sa vie et de celle de sa famille au service du public et de la population mérite tout notre respect. »

Stratégie politique, selon Michel Potvin

L'ex-candidat à la mairie de Saguenay Michel Potvin croit que l'annonce du départ du maire Jean Tremblay deux ans avant la fin de son mandat va nuire au parti d'opposition de l'Équipe du renouveau démocratique (ERD).

M. Potvin affirme que le délai va donner le temps aux adversaires de l'ERD de bien s'organiser.

Selon lui, le maire Tremblay et son bras droit, Ghislain Harvey, sont de fins stratèges. « Eux, ils jouent aux échecs, dit-il. Comment on calcule, on avance la tour, on avance le fou, on avance le pion. Mais là, ils ont joué un jeu d'échecs, ils ne voulaient pas y retourner, mais on va s'organiser pour que ce soit à notre goût. Ce n'est jamais fini avec eux. On ne sait pas. »

Par ailleurs, Michel Potvin trace un bilan bien sombre du travail politique de Jean Tremblay. Il l'accuse d'avoir manqué de transparence et d'avoir endetté la Ville de Saguenay.

« Au niveau de la transparence, au niveau économique surtout dans les dernières années, au niveau de l'endettement de la Ville à 540 millions actuellement, on ne peut pas dire que c'était une réussite, soutient M. Potvin. Je suis de ceux pour qui il faut que les gens puissent discuter. La force d'une ville ou d'un gouvernement, c'est quand on fait travailler tous les éléments dans le même sens. »

Michel Potvin s'était présenté à la mairie contre Jean Tremblay aux élections de 2009.

Surprise des conseillers

Après Luc Boivin, le conseiller de l'arrondissement de Chicoutimi, Jacques Cleary, avoue aussi sa surprise au lendemain de l'annonce du retrait de la politique de Jean Tremblay.

Il est d'avis que le maire de Saguenay a pris une décision familiale et que M. Tremblay fait un bon choix.

« Je pense que c'est une bonne chose que M. le maire l'ait annoncé tôt comme ça, souligne M. Cleary. Effectivement, ça va permettre à des organisations, à des gens qui pensaient peut-être se présenter de le faire et d'avoir le temps de s'organiser. »

Plus d'articles

Commentaires