Retour

Serge Simard s'excuse pour sa réaction à l'allégation d'agression sexuelle visant un député

Le député libéral Serge Simard s'est excusé après avoir tenu des propos jugés inappropriés par rapport à l'allégation d'agression sexuelle visant un député.

Jeudi matin, alors qu'il était questionné sur les propos d'une femme ayant affirmé mercredi soir avoir été agressée sexuellement par un député dans un restaurant de Québec en 2014, Serge Simard a répondu : « J'ai été surpris de ça ce matin. Je l'ai entendu à la radio. Et vous allez comprendre que je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus. Il y a sûrement des gens qui vont faire des enquêtes et à ce moment-là, on verra ».

Puis, lorsqu'un journaliste lui a demandé : « Sentez-vous qu'un geste s'impose de la part de votre parti ou de votre gouvernement à l'égard de ça, puisqu'il semble que ce serait un député libéral, selon la plaignante? » le député Simard a répondu : « Vous avez bien dit : "il semble". On demande très souvent à quelqu'un c'est quoi le nom de ton maire et il ne le sait pas. Je ne sais pas si elle sait que c'est un... mais une chose est certaine, on va laisser les gens qui ont des enquêtes à faire les faire, et par la suite on pourra se parler. »

La députée péquiste Mireille Jean, porte-parole en matière de condition féminine, a dénoncé ces propos. « Ce que le député vient de démontrer, c'est qu'il y a encore trop de gens qui ne prennent pas au sérieux les victimes d'agression sexuelle », a-t-elle affirmé en chambre. « C'est déjà assez difficile de dénoncer, de surmonter les obstacles, les préjugés tenaces qui perdurent contre la parole des victimes. Les paroles du député de Dubuc sont inacceptables. Il faut condamner sans réserve ce genre de discours », a-t-elle ajouté.

La députée caquiste Nathalie Roy a quant à elle jugé « inacceptable qu'on donne une réponse telle qu'elle aux événements qui se sont passés hier », laquelle « renforce l'incapacité des femmes à dénoncer ».

« Quand les femmes se plaignent, on ne les prend pas au sérieux et ça banalise les dénonciations d'agression sexuelle, et c'est ce que vient de faire le député de Dubuc », a-t-elle soutenu.

De son côté, le premier ministre Philippe Couillard a affirmé que le député Serge Simard allait avoir l'occasion de « s'entretenir avec les médias et de clarifier ses propos et de retirer certains, si nécessaire ».

C'est précisément ce que le député a fait par la suite. « Je veux m'excuser auprès des gens que j'ai pu offenser par rapport à mes propos. Mais je ne veux surtout pas banaliser ce qui s'est passé. C'est extrêmement grave et j'invite tous ceux qui sont victimes de harcèlement de déclarer et d'aller vers les autorités pour s'assurer que tout ça, ça arrête. Parce que c'est grave, cet état de fait. Mais encore une fois, je m'excuse auprès des gens que j'ai pu offenser par rapport à mes propos. Mais ceux qui étaient présents, ce n'était surtout pas la banalité que je voulais donner. Parce que moi aussi j'ai des enfants et puis les femmes n'ont pas affaire à avoir des difficultés à sortir ou à aller à l'école, etc. Donc c'est grave, j'invite les victimes à dénoncer, c'est extrêmement important », a affirmé M. Simard.

Plus d'articles