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Souplesse et débrouillardise pour favoriser le recrutement

Qui a dit que les femmes ne s'intéressent pas au travail en usine ? L'entreprise Boréal d'Alma a fait le pari d'embaucher plus de femmes et a presque atteint la parité entre les sexes. Pour assurer sa croissance en pleine pénurie de main-d'oeuvre, l'entreprise mise aussi sur la flexibilité des horaires.

Un texte de Claude Bouchard

Boréal produit des « thermolog », un matériau de type pièce sur pièce utilisé surtout dans la construction de maisons, de chalets et de relais de skis.

« Ça imite le bois rond, mais c’est isolé. On a un rendement supérieur au niveau des caractéristiques écoénergétiques », mentionne la directrice générale adjointe de l’entreprise, Audrey Coulombe.

Plus de production, plus de personnel

L’aventure de Boréal a commencé en 2012. Un an après, en 2013, elle avait déjà doublé son chiffre d’affaires et ça a été la même chose pour les deux années subséquentes. À ce rythme, l’entreprise a dû augmenter rapidement ses effectifs.

Actuellement, 53 personnes travaillent chez Boréal et il manque toujours une dizaine d’employés pour démarrer un quart de travail de fin de semaine. L’entreprise ne s’en cache pas, elle cherche à embaucher plus de femmes. Audrey Coulombe a même revu la façon de décrire les postes disponibles.

« On va adapter nos offres d’emploi. Comment on les écrit, comment on les rédige, comment on décrit le travail qui se fait ici et c’est comme ça qu’on a réussi à aller en chercher plusieurs. »

Une offre d’emploi qui a séduit Tania Côté. « Je cherchais autre chose parce que j'étais gérante dans un dépanneur. Je cherchais autre chose de différent. J'ai toujours été dans le public alors je cherchais quelque chose de plus physique. »

Sa collègue Cynthia Morin-Claveau a été attirée par le travail en usine. « Moi, c'est parce que j'aime ça. Il faut que je bouge, il faut que je force. Plus que c'est compliqué, plus j'aime ça. »

Audrey Coulombe affirme que les méthodes de travail ont dû être adaptées pour faciliter l’intégration des femmes dans l’usine. Par exemple, les employées féminines sont incitées à travailler en équipe pour soulever les grandes pièces de bois. Les équipements pour tailler le bois sont quant à eux contrôlés par informatique et n’ont besoin d’aucune adaptation.

Un marché du travail qui change

Le marché de l'emploi est en pleine transformation au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Selon les données d’Emploi-Québec, près de 24 000 emplois étaient à pourvoir entre les années 2015 et 2019. Environ 95 % de ces postes sont à pourvoir pour remplacer des départs à la retraite. Pour trouver du personnel, Boréal doit démontrer de la flexibilité.Audrey Coulombe dit faire tout ce qui est en son possible pour accommoder les candidats potentiels.

« Je leur demande sur quel horaire ils veulent travailler. Ce n'est pas moi qui décide, c'est l'employé. De jour? De soir? De fin de semaine? », dit-elle.

Les salaires ont aussi été augmentés pour faire face à la compétition. Ils oscillent entre 14 $ et 25 $ de l'heure.

« On a fait notre bout de chemin, ajoute Audrey Coulombe. On est au-dessus de la moyenne en ce qui concerne les quarts de travail comme la fin de semaine où on a amélioré les conditions des employés. »

Pour continuer sa croissance, Boréal assure aussi la formation de ses nouveaux travailleurs. Le directeur de production de l’usine et les employés les plus expérimentés sont mis à profit. Les recrues ont ainsi la chance d’essayer plusieurs postes différents dans l’usine pour trouver celui qui leur convient.

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