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Un caribou forestier protégé, 117 emplois perdus dans la région selon l’Institut économique de Montréal

Une étude de l'Institut économique de Montréal estime que le nouveau Plan de rétablissement du caribou forestier entraînerait la perte de 3000 emplois et de 367 millions de dollars par année s'il est mis de l'avant.

Le plan ébranlerait surtout le Saguenay-Lac-Saint-Jean, selon l'IEM, où la protection d'un caribou forestier ferait perdre 117 emplois et près de 14,7 millions de dollars.

Sur la Côte-Nord, les pertes sont estimées à huit emplois et 900 000 $.

« Si jamais on décidait d'avoir un plan de caribou très musclé, ces emplois disparaîtraient et la suite des choses reste incertaine, souligne le vice-président de l'IEM, Jasmin Guénette. Même si on arrêtait le développement économique lié à la forêt dans le contexte d'un plan caribou musclé, la sauvegarde des caribous reste incertaine. »

Les données de l'Institut économique de Montréal confirment les pires craintes de l'Alliance forêt boréale, qui défend l'industrie forestière. « Nos craintes du départ, c'était que les communautés forestières perdraient énormément d'activité économique, souligne le président de l'organisme, Jean-Pierre Boivin. L'étude vient justifier ces craintes-là. »

Accueil favorable chez Produits forestiers Résolu

Le porte-parole de Produits forestiers Résolu, Karl Blackburn, affirme que l'étude de l'Institut économique de Montréal confirme les prévisions de la compagnie.

« Ça vient démontrer ce qu'on dit, c'est que s'il y a des espaces supplémentaires qui sont mis en place pour la protection du caribou forestier et que ces espaces supplémentaires là résultent par une réduction d'accès à la fibre, il est clair qu'en bout de piste il risque d'y avoir des conséquences économiques, dit-il. Parce que si on a moins de fibre à récolter, il est clair qu'on a besoin de moins de travailleurs pour aller faire ce boulot-là. »

Karl Blackburn répète que la prudence est de mise. Il ajoute que la science évolue et qu'il y a encore trop d'inconnu sur le caribou forestier pour prendre des décisions précipitées.

Étude contestée

De son côté, le biologiste de la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), Pier-Olivier Boudreault rejette complètement les grandes lignes de l'étude de l'IEM.

« Dans les derniers temps, on a beaucoup entendu ce discours-là, un discours de peur que les impacts de protéger le caribou vont être énormes au niveau des emplois. Moi, je considère qu'il y a beaucoup d'exagération », affirme M. Boudreault.

Le directeur du département des sciences fondamentales de l'Université du Québec à Chicoutimi, Daniel Lord, croit pour sa part qu'il manque encore beaucoup d'éléments pour tirer des conclusions sur les plans économique et environnemental. Il parle d'un discours de sourds.

« C'est comme si on voulait le beurre et l'argent du beurre des deux bords, mais on ne nous amène pas de solutions. Surtout, on nous amène des affirmations, des conclusions qui peuvent facilement être remises en question », déplore M. Lord.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui disait lors de la campagne électorale de 2014 qu'il ne sacrifierait pas un emploi en forêt pour la question du caribou, attendra la sortie du rapport avant de le commenter.

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