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Une meilleure capacité d’intervention demandée pour les personnes souffrant de maladie mentale

Le drame de Montréal, au cours duquel deux personnes sont ont été tuées et une autre blessée par un jeune homme vraisemblablement en crise, pose la question des possibilités d'intervenir avant le passage à l'acte.

C’est en tout cas ce que croit Guylaine Laberge, directrice générale de l’organisme Le Maillon, à Saguenay, qui vient en aide aux familles vivant avec une personne souffrant de maladie mentale.

Actuellement, c’est la loi P-38, ou Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elle-même ou pour autrui, qui régit ce genre d’intervention.

Elle permet de priver de liberté momentanément une personne en état de crise, le temps qu’elle reçoive les soins appropriés pour ne plus présenter une menace. C’est le cas lors de crises suicidaires ou meurtrières.

Cependant, selon Guylaine Laberge, la loi est insuffisante. On évalue mal l’état de la personne ou on la laisse partir trop tôt, croit-elle.

« Les familles ne souhaitent pas nécessairement l’internement », assure Mme Laberge, « mais au moins que la personne soit gardée suffisamment longtemps pour que l’effet des médicaments… qu’il y ait une équipe de soins qui soit mise autour, qu’il y ait un suivi », précise-t-elle.

Pour les familles, chaque événement comme celui survenu à Montréal soulève la crainte. « Parce que toutes les familles nous disent : "Ça aurait pu être moi, ça aurait pu être mon fils" », indique Guylaine Laberge.

Outre les changements souhaités à la loi P-38, la directrice générale du Maillon ajoute que la maladie mentale demeure le parent pauvre du réseau de la santé au Québec.

Elle souligne que le secteur n’a pas reçu de financement supplémentaire et que les équipes qui œuvrent auprès des personnes souffrant de troubles mentaux sont souvent à bout de souffle en essayant de pallier le manque de ressources.

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