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UPAC à Saguenay : un cadre de l’OMH très proche de certains entrepreneurs

Des plaintes faites en 2014 et 2015 ont mené aux perquisitions à l'Office municipal d'habitation (OMH) de Saguenay par l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Les plaintes, initiées par des employés de l'OMH entre autres, dénonçaient des liens de proximité entre l'ancien directeur du Service des immeubles de l'OMH, Alain Belley, et plusieurs entrepreneurs en construction.

Un texte de Mélissa Savoie-Soulières

C’est ce qu’on apprend dans les documents obtenus par le consortium formé par Radio-Canada, Le Quotidien et le Groupe TVA, lundi.

À plusieurs reprises en 2015, des perquisitions ont eu lieu aux bureaux de l’OMH. Certaines saisies ont également été faites à la résidence de l'ex-directeur du Service des immeubles de l’OMH, Alain Belley, et aux bureaux des entreprises de construction Gigari.

Les policiers de l’UPAC ont saisi l’ordinateur utilisé par Alain Belley alors qu’il travaillait à l’OMH, les serveurs informatiques de l’organisme et des documents du dossier d’Alain Belley enregistrés sur le serveur.

« […] l’octroi de cette autorisation [pour faire des perquisitions] viendra appuyer les infractions d’abus de confiance, fraude envers le gouvernement, corruption d’un fonctionnaire, commission secrète, corruption de fonctionnaire et me permettra de confirmer mes doutes raisonnables sur l’obtention, par Alain Belley, d’une contrepartie de la part des compagnies énumérées au mandat […] », écrit l’enquêteur de l’UPAC pour justifier les saisies entourant le dossier de l’OMH de Saguenay.

L’UPAC appuie ses soupçons sur des aveux qu'auraient faits Alain Belley à l’ancien directeur général de l’OMH, Fernand Houle, à l’effet qu’« il ne vérifiait pas les travaux avant d’approuver les factures ».

Soulignons que l'OMH de Saguenay gère 265 immeubles.

Des liens au-delà des affaires

D’ailleurs, l’UPAC aurait établi que les liens entre Alain Belley et certaines entreprises dépassaient les liens d’affaires. Un entrepreneur de Plomberie Alain Gauthier et un autre des entreprises de construction Gigari sont allés en voyages de pêche et de motoneige avec M. Belley en 2012.

Dans la demande de perquisitions, l’enquêteur dit vouloir obtenir la preuve que certaines compagnies ont été avantagées dans la réalisation de contrats de l’OMH.

La compagnie Les entreprises de construction Gigari est celle qui a obtenu le plus de contrats avec l’OMH de Saguenay, souligne l’enquêteur de l’UPAC dans sa demande de saisies.

Gigari a construit la maison et le chalet d’Alain Belley et de sa conjointe, peut-on lire dans le dossier. L’UPAC a saisi plusieurs documents en lien avec la construction de ces deux bâtiments.

Par ailleurs, rappelons qu’Alain Belley a été suspendu de ses fonctions de l’OMH pendant un mois et demi en mai 2014 et a perdu définitivement son emploi le 17 mars 2015 à la suite d'une enquête interne.

Aucune accusation n'a été portée dans ce dossier pour le moment. L'OMH n'a pas non plus poursuivi M. Belley.

L’UPAC affirme que les enquêtes au sujet de toutes les perquisitions faites à Saguenay se poursuivent.

Quatre paquets de documents rendus publics

Les documents rendus publics lundi portent principalement sur les motifs des saisies à l’hôtel de ville de Saguenay, à Promotion Saguenay, à l’OMH de Saguenay et aux entreprises de construction Gigari.

Le juge Michel Boudreault a accepté de rendre les documents publics le 4 avril.

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