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Un juge aux sentences excentriques

Le juge Michael Cicconetti.

Certains croient que les juges doivent condamner les malfaiteurs à des peines d’emprisonnement sévères pour empêcher qu’ils ne récidivent.

D’autres font preuve d’un peu plus d’imagination dans l’exercice de la justice, et Michael Cicconetti, un juge américain, en est le plus bel exemple, lui qui offre des punitions hors de l’ordinaire, faites sur mesure selon les crimes commis.

Vous prenez un taxi pour une course de 50 km sans payer? Ce bon juge vous fera marcher 50 km à pied dans un champ de foire pendant deux jours comme punition. C’est arrivé à une jeune femme qui a dû affronter le juge Cicconetti en mai dernier. Son autre choix : passer 30 jours en prison.

Elle a aussi reçu une sentence de probation de 4 mois et a dû payer 100 $ à la compagnie de taxi, mais a par la suite avoué qu’elle était reconnaissante au juge de lui avoir donné l’occasion d’éviter la prison.

Femme condamnée à marcher 50 km

Des jugements personnalisés

Une femme qui avait laissé son chien de 7 ans dans une immonde pension pour animaux, mettant ainsi la vie de l’animal en péril, a été condamnée à aller ramasser des ordures dans un dépotoir.

« Je ne pensais jamais atterrir ici (au dépotoir), mais j’aime mieux ça que la prison, je ne peux pas me plaindre », a déclaré la femme, dont l’autre choix était de passer 90 jours en prison.

Ce juge vraiment hors de l’ordinaire vit à Painesville, dans l’état de l’Ohio, et rend une quarantaine de jugements chaque jour depuis 1994.

Parmi d’autres sentences bizarres données par ce juge original, on retrouve celle d’un homme condamné à porter un costume de poulet et à tenir une affiche humiliante pour avoir sollicité les services d’une prostituée, ou encore celle d’un jeune de 18 ans qui a dû rester assis, les yeux bandés, devant un magasin où il avait volé du matériel porno, en tenant une affiche où était écrit : « See no evil » (ne rien voir de mal).

Le juge Cicconetti a récemment condamné un jeune homme qui avait plaidé coupable pour vol de bicyclette à se promener en vélo pour aider un organisme de bienfaisance plutôt que d’aller en prison.

C’est ainsi que le garçon s’est promené à bicyclette, vêtu d’un chandail jaune vif, à travers le quartier pour éviter de passer deux mois en prison, une punition aussi innovante qu’inhabituelle. Même le condamné a trouvé que ça convenait parfaitement à son crime.

En janvier 2013, le juge a condamné un conducteur de 27 ans, arrêté pour avoir conduit avec facultés affaiblies, à regarder les cadavres de deux personnes mortes dans un accident d’auto causé par un autre conducteur saoul.

Femme condamnée poivre

En mai dernier, le juge de 64 ans a offert, à une femme qui avait vaporisé du poivre dans la face d’un employé d’une chaîne de restauration rapide, le choix entre aller en prison ou goûter à sa propre médecine en permettant à sa victime de lui vaporiser du poivre au visage.

La femme, une mère de deux enfants, avait d’abord choisi d’aller en prison, mais avait changé d’avis et finalement décidé de laisser à sa victime le plaisir de la vengeance. Mais de poivre, il n’y avait point dans le vaporisateur, que de l’eau. Selon le juge, la femme a tout de même eu assez peur pour que le jugement ait atteint son objectif. 

Une autre femme, qui avait volé de l’argent dans une église, a été condamnée à écrire la phrase « J’ai volé de l’argent dans cette église » avec de la petite monnaie et à s’excuser à chaque personne qui entrait dans l’église. 

Le juge a déjà exigé d’un homme qui avait traité un policier de cochon à se tenir près d’un porc de 350 livres avec une affiche disant « Ceci n’est pas un policier ».

À une femme qui avait abandonné 35 chatons dans une forêt en plein hiver, il a demandé qu’elle passe toute une nuit seule dans la forêt et à deux ados qui avaient écrit « 666 » sur une statue représentant le petit Jésus, de conduire un âne à travers les rues avec une affiche où était écrit "Désolé pour l'insulte à l'âne, mais il est teeeeeellllement mignon" .

Des ados qui, pour s'amuser, avaient crevé les pneus d’autobus scolaires ont été condamnés à organiser un pique-nique pour les enfants du primaire dont la sortie avait été annulée à cause de leur méfait. 

En janvier 2008, le juge a condamné un homme qui avait volé une bouilloire de collectionneur et près de 250 $ à l’Armée du Salut à vivre 24 heures comme un sans-abri.

Une méthode des plus efficaces

Le juge Cicconetti dit que l'inspiration pour ses sentences inhabituelles lui vient au moment même où il doit prononcer sa sentence. Selon lui, cette façon créative de rendre justice fonctionne : il a apparemment un taux de récidive de 10 %, comparé à une moyenne nationale de 75 %. 

« Un juge peut simplement suivre la loi et si quelqu’un commet un crime, il y a toute une liste de punitions possibles, a-t-il dit. C’est sûr, on peut faire ça et retourner chez soi et se reposer en paix. Ou on peut prendre chaque cas de façon un peu plus personnelle, tout en appliquant toujours la même loi. »

Il va sans dire que sa façon de faire lui attire des admirateurs de par le monde. Espérons qu'il fasse des petits, ce juge.          

(source)

 

 

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