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Retenir le sang menstruel comme on retient l’urine, c’est possible?

Les femmes passent une grande partie de leurs vies à gérer leur flux de sang menstruel à grandes brassées de tampons, de serviettes ou de coupes.

Elles passent aussi une grande partie de leur vie, tout comme les hommes d’ailleurs, à gérer le flot d’urine qui s’écoule régulièrement de leur urètre.

Mais elles ne portent pas de couches pour autant.

Imaginez si personne ne nous avait appris à retenir notre urine quand on était petits. Nous serions tous des incontinents complètement dépendants de nos couches. 

Vous imaginez le spectacle?

Imaginez maintenant qu’on nous aurait appris, jeunes filles, à retenir notre écoulement de sang comme on nous a appris à le faire, enfants, avec l’urine, en attendant de pouvoir aller l’évacuer dans une toilette ou dans la nature. Vous imaginez la légèreté ressentie et les économies réalisées? Plus besoin de tampons, de serviettes ou de coupes, rien d’autre que des muscles intérieurs entraînés et une simple visite aux toilettes de temps en temps, comme on le fait déjà pour le pipi.

Finie l'incontinence menstruelle?

La nouvelle ne plaira pas aux fabricants de tampons et serviettes de ce monde, mais semble-t-il que certaines femmes parviennent à retenir leur sang menstruel à volonté, comme elles retiennent leur urine. 

Lena Abi Chaker est l’une de ces femmes. Cette jeune globe-trotter ne porte plus de tampons, serviettes ou coupes depuis six ans.

« Je vous laisse calculer combien de pollution et d'argent j'économise, a-t-elle écrit dans un témoignage publié sur le Nouvel Obs. Moi ce que j'aime le plus, c'est la liberté et l'autonomie que cela me donne ! »

Lena s’est mise au « flux instinctif » (free flow instinct, en anglais), par instinct justement, alors qu’elle faisait une randonnée à la montagne. Elle était parvenue à la moitié de la montée quand ses règles sont arrivées, sans prévenir. Elle n’avait amené aucune protection. À son retour à la maison, surprise, il n’y avait qu’une petite tache de sang, pas plus. Elle a alors décidé de continuer l’expérience le lendemain, alors que le flux était encore plus abondant, et le surlendemain encore...

« J'ai pu tester sur moi-même que les muscles se contractent inconsciemment pour éviter les fuites. J'allais simplement aux toilettes dès que je le sentais nécessaire. »

Et quand elle dort, que fait-elle?

« Avec le temps, ma maîtrise s'est affinée et j'ai vite pu dormir sans aucune “protection” ni souci. Alors qu'avant je devais porter une bonne protection pour dormir, maintenant c'est au repos quand je dors. Je n'ai qu'à aller aux toilettes le matin. Parfois je me lève une fois dans la nuit, les deux premiers jours. »

Ça a du sens, vous ne trouvez pas? On apprend bien à ne plus faire pipi au lit, alors pourquoi on n'apprendait pas à ne plus laisser couler notre sang menstruel quand on dort?

Le flux instinctif, mode d'emploi

À celles qui voudraient s’essayer au flux instinctif, Lena conseille de renforcer les muscles de leur vagin d’abord, et de ne porter au début que des sous-vêtements noirs, légèrement protégés par un peu de papier de toilette ou de tissu, juste au cas. Au bout d’une heure ou plus, quand on ressent qu’on a du sang à évacuer, on va aux toilettes.

« Le but est d'être consciente de n'avoir pas de protection pour que les muscles se contractent inconsciemment (ce n'est pas fatiguant [sic]), explique la jeune femme. »

Bien sûr, le témoignage de Lena n’est pas une preuve scientifique, comme n’ont pas manqué de le souligner maints commentateurs dubitatifs à la suite de son billet. C’est un témoignage personnel, mais comme elle le spécifie elle-même dans une réponse à un commentaire, ce serait bien de faire une étude sur le sujet.

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