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Son sang a sauvé la vie de plus de deux millions de bébés

 

James Harrison est un retraité australien qui collectionne les timbres, adore sa fille et ses petits-enfants et aime marcher le long de la côte, près de chez lui. C’est aussi un héros national.

Depuis 60 ans, cet homme de 78 ans a donné son sang des milliers de fois.

Parce qu’il est généreux, mais aussi parce qu’il a un sang exceptionnel dont l’existence a de quoi réjouir toutes les femmes dont le sang est de type rhésus négatif et qui ont eu, ont ou auront des bébés au sang de type rhésus positif.

La naissance d'un donneur de sang

La carrière de donneur de sang de James est née il y a 64 ans, quand il a dû se faire enlever un poumon. C’était en 1951, il avait 14 ans. Son père lui expliqua par la suite qu’il avait reçu 13 litres de sang durant son opération et ses trois mois de convalescence, et que sa vie avait été sauvée grâce au don de sang d’inconnus. C'est alors que James décide qu'il serait lui aussi donneur de sang, sans comprendre encore ce qu'allait être son destin.

Peu après son premier don de sang, des médecins le contactent pour lui dire que son sang contient un anticorps très rare qui semble être le remède à une maladie souvent mortelle ou aux conséquences irrémédiables : la maladie hémolytique du nouveau-né, une maladie générée par une incompatibilité entre le sang de la mère et celui de son foetus.

À cette époque, en Australie comme ailleurs dans le monde, chaque année, des milliers de bébés meurent ou se retrouvent avec des lésions cérébrales irrémédiables à cause de cette maladie.

Un vaccin préventif salvateur

Le sang de James possède un type d'anticorps inhabituel, très rare : lorsqu’injectés à une femme au sang de type rhésus négatif qui porte un foetus au sang de type rhésus positif, ces anticorps empêchent le sang de la mère d'attaquer les cellules de son enfant.

C’est ainsi que depuis les années 1960, James Harrison a donné plus de mille fois son sang et a subi tout plein de tests pour que ses anticorps servent à créer le vaccin Anti-D, que l'on injecte maintenant à toute femme Rh-, après qu'elle a porté (à terme ou pas) un enfant Rh+.

« On m’a assuré pour un million de dollars, dit-il. Je n'avais pas peur. J’étais content d’aider. J’ai signé tous les papiers, j’ai pratiquement signé ma vie. »

En fait, les dons de James ont permis de sauver la vie de plus de deux millions de bébés en Australie et ailleurs (chaque lot d’Anti-D fait en Australie depuis les années 1960 provient de son sang).

James est considéré comme un héros national dans son pays natal et il a gagné de nombreux prix, en plus d'avoir été nommé l'Australien de l’année en 2004. 

L’homme reste pourtant modeste. Pour lui, donner son sang, c’est la moindre des choses. « C’est un talent que j’ai. Probablement le seul d’ailleurs. »

Un donneur qui ne supporte pas la vue du sang

Malgré ses milliers de dons, James n’a jamais une seule fois regardé l’aiguille.

« Je n’ai jamais regardé l’aiguille pénétrer dans mon bras, a-t-il confié aux médias. Je regarde le plafond, ou les infirmières, je leur parle un peu parfois, mais jamais je n’ai regardé l’aiguille entrer dans mon bras. Je ne peux pas supporter la vue du sang et je ne supporte pas la douleur. »

James Harrison n’a plus que trois ans pour donner son sang, selon la loi australienne sur les dons de sang qui stipule qu’après 80 ans, c'est fini.

Perso, si j’étais au gouvernement australien, je me dépêcherais de voter une loi spéciale pour donner le droit à cet homme de donner son sang tant qu’il le voudra ou pourra. Parole de mère au sang de type rhésus négatif et ayant porté des enfants au sang de type rhésus positif que je suis.

 

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