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La malédiction historique du diamant Hope

Le diamant Hope et sa malédiction

Posséder le diamant Hope, c’est la mort assurée… Du moins, c’est ce que raconte la légende. Toute personne s’appropriant le diamant Hope se verrait maudit. La liste de ses (très malchanceux) propriétaires raconte l'histoire du 16e siècle à nos jours...

Selon la légende, il aurait été volé en Inde sur une statue de la déesse Sitâ par un prêtre hindou (qui aurait été torturé avant d’être tué pour son geste), avant d’arriver entre les mains de Louis XIV. Mais revenons en arrière.

Le diamant Bleu de France

La pierre précieuse de 112,5 carats tombe entre les mains de Jean-Baptiste Tavernier. Ce  grand voyageur, décrit par certains comme un contrebandier, fait fortune en vendant la pierre à Louis XIV. Le Roi de France fait tailler le diamant qui passe à 67,5 carats et le nomme Bleu de France.

On raconte que Tavernier est ruiné par son fils et aurait fini dévoré par des chiens sauvages en Inde où il cherchait fortune. En réalité, il est mort en Russie à l’âge très vénérable, pour l’époque, de 84 ans.

Louis XV en hérite et le diamant reste sagement à sa place sans faire de vagues. Mais Louis XVI et sa femme Marie-Antoinette n’ont pas cette chance. De là à accuser le diamant d’être responsable de la Révolution française et de la montée à l’échafaud du roi, il n’y a qu’un pas...

Les révolutionnaires confisquent les biens du monarque dont le fameux diamant, alors placé au garde-meuble national. En 1792, les joyaux de la couronne de France y sont volés, incluant le diamant Bleu de France…

De Bleu de France à diamant Hope

Les voleurs s’échappent en Angleterre où la pierre est retaillée et disparait. On la retrouve exactement 20 ans et 2 jours après sa disparition alors qu’il y a prescription pour le vol.

En 1824, le banquier londonien Thomas Hope l’achète. Sept ans plus tard, il meurt. Sa femme, Louisa de la Poer Beresford le porte sans aucune inquiétude face à la réputation sulfureuse du diamant maudit. Le diamant passe d’héritage en héritage dans la famille.

Henry Francis Hope Pelham-Clinton en hérite en 1887 sous forme d’assurance-vie. Il ne peut s’en défaire sans l’autorisation d’un Board of Trustee ET l’autorisation du tribunal. Rien de moins et c'est ce qui va faire son malheur…

La malédiction se poursuit

Vivant au-dessus de ses moyens, Pelham-Clinton cause pratiquement la ruine de la famille en dix ans. Le temps qu’il obtienne le droit de vendre le diamant Hope, sa femme l’a quitté pour un autre homme. Finalement revendu, le diamant Hope et sa malédiction traversent l’océan et installent leurs pénates aux États-Unis. C’est à ce moment que sa réputation s’étend. On parle alors d’un diamant maudit apportant dettes et/ou mort tragique à tous ses propriétaires. Il passe de main en main, dont la Maison de joaillerie Cartier. 

Evalyn Walsh McLean portant le diamant Hope

Bettmann Archive

L’américaine Evalyn Walsh McLean tombe follement amoureuse de la pierre. Elle l’achète en ajoutant une clause bien particulière dans le contrat: «Si, dans les six mois suivant la transaction, un malheur arrive à la famille McLean, Cartier s’engage à remplacer le bijou. » On raconte même que son mari l’oblige à faire bénir la pierre dans une église! 

Dès lors Evalyn porte le diamant Hope constamment. Mais en 1919, le fils d’Evalyn, 9 ans, meurt renversé par une voiture. On retrouve dans sa poche, le diamant intact. Son mari devient alcoolique et s’enfuit avec une jeune femme. 

Quelques années plus tard, leur fille, 25 ans, meurt d’une overdose. Evalyn en perd la raison et est internée jusqu’à sa mort. 

Le diamant Hope actuellement au Smithsonian et sa malédiction

Wikipedia/David Bjorgen

Don du diamant

Le diamant Hope est alors vendu au fameux bijoutier Harry Winston. A-t-il craint pour sa fortune et pour sa vie? L’histoire ne le dit pas, mais il fait don de la pierre maléfique au Smithsonnian Institute de Washington en 1958. On raconte que pour rendre le transport de cette pierre de valeur, Winston l’aurait simplement envoyé… par la poste!

Depuis, le diamant coule des jours heureux  au Smithsonian. Il est le plus gros diamant bleu jamais découvert et est l’objet d’art le plus vu au monde après La Joconde de Léonard de Vinci. 

Depuis qu’il est au Musée, le diamant Hope n’a jamais été aussi sage! Aucune dette colossale, aucune mort tragique n’est à déplorer par sa faute. En tous les cas… aucun des 6 millions de visiteur annuels ne s’en est plaint!

 

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