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Couple : Vivre avec un seul salaire, c'est possible.

Vivre avec un seul salaire

Une famille peut-elle vivre avec un seul salaire? Vous me répondrez, surement, non. Même avec deux salaires, vous y arrivez à peine. Pourtant, certaines personnes en couple ou en famille, réussissent. Comment est-ce possible?

Avoir une plus petite maison

Le plus important poste budgétaire est probablement celui relié à la maison. Dans bien des cas, on donne le salaire du couple et la « Banque » nous dit qu’elle est le montant que l’on peut consacrer à l’achat d’une maison. Pourquoi ne pas faire l’exercice à l’envers? Quel est le montant que vous souhaitez consacrer à ses paiements?

Lorsque l’on a acheté notre maison, le conseiller (qui ne conseille pas du tout!) ne comprenait pas pourquoi on n’empruntait pas davantage. On en avait la capacité et cela le fâchait qu'on ne réclame pas un plus gros prêt! Avez-vous déjà remarqué à quel point cela se produit régulièrement, et pas seulement lorsqu’il est question de l’achat d’une maison? Comment se fait-il que ce soit les vendeurs ou les conseillers qui nous disent le montant que l’on devrait dépenser?

Si vous achetez une maison que vous payez avec un seul salaire, il y a de bonnes chances, qu’elle soit… plus petite… Oh, mon Dieu! Que va penser votre entourage?! Sachez toutefois que pour cette maison, vous aurez probablement un compte d’Hydro moins élevé, ainsi qu’un coût d’assurance moindre. Il en va de même avec votre compte de taxes et bien d’autres dépenses qui sont reliés à votre domicile. Alors, non, vous n’aurez peut-être pas la même grande maison que vos amis, mais vous n’aurez pas non plus les mêmes comptes à payer, et ça, ça offre une certaine liberté!

Regrouper ses paiements

Lorsque l’on souhaite vivre avec un seul salaire, il faut avoir une vision claire de sa situation financière. Qu’avons-nous à payer? Est-ce que toutes ses dépenses sont nécessaires? Certaines peuvent-elles être regroupées? Quel est le taux d’intérêt que l’on paie sur la voiture, la maison, les cartes de crédit impayées? Il est possible, dans la plupart des cas, de regrouper les paiements sous un seul et même prêt, idéalement celui relié à la maison, afin de bénéficier du meilleur taux. Un taux d’intérêt de 3 % (souvent relié au prêt hypothécaire) par rapport à celui de près de 20 % sur une carte de crédit fait toute une différence sur le montant des paiements!

Savoir ce que l’on paie vraiment et connaitre le prix réel de ses achats

À travers les années, on devient une machine à payer. On ne sait plus ce qui sort de notre compte de banque. Les factures entrent sans fin et l’on paie sans arrêt. Il est pertinent de s’arrêter et de consulter les nombreux comptes à payer : le téléphone, la télévision, les assurances, etc. Est-ce que tous les services sont nécessaires? Est-ce que le prix peut être revu à la baisse? Surement.

Savoir ce que l’on paie vraiment est aussi relié à tous les achats que l’on effectue, petits et grands. Il est fascinant de constater que plusieurs personnes ne savent pas le prix payé pour leur véhicule. Ils se souviennent bien sûr du prix sur la publicité… mais il ne correspond jamais au montant réel! Pour ma part,, j’ai dû insister à maintes reprises pour que le vendeur chez un concessionnaire me donne le prix réel et non pas le paiement hebdomadaire. Il est facile d’étirer une somme sur 8-10 ans pour camoufler un prix, mais ensuite, on est coincé avec ces paiements, même lorsque la voiture doit se rendre plus fréquemment au garage pour des réparations. Il ne faut pas se laisser berner par les vendeurs. Leur rôle, c’est de vendre. Le nôtre, c’est de connaitre le prix véritable!

Cependant, pour connaitre le prix, il faut poser des questions, s’attarder aux réponses et surtout comprendre le langage utilisé par notre interlocuteur. Tous les montants donnés par semaine devraient nous faire comprendre que l’on sera attaché à ces paiements pendant une période donnée. Il faut ensuite savoir si l’on a véritablement besoin de cet article. Souvent, si l’on s’interroge, on se dira finalement que non… Et même lorsque l’on dit oui, on peut remettre en question cette réponse.

Faire la différence entre ses besoins et ses envies

On sait de moins en moins faire la différence entre nos besoins et nos envies. Tout se bouscule et tombe dans un seul et unique panier. Les publicités nous bombardent de toutes sortes de messages. On a besoin d’une voiture pour être libre (même deux!), de nouveaux vêtements pour être bien, de vacances dans un 5 étoiles, car on ne mérite rien de moins. Et le tout se transfère sur nos enfants, leurs jouets, leur vélo, leur équipement de sports, Alouette! Comment faire autrement? Tous leurs amis sont ainsi, nos amis aussi! Il n’y a plus de limites.

Il faudrait s’enfermer dans une cabane dans le bois pour retrouver notre essence. D’ailleurs, il y a même un marché dans ce domaine. Le prix des campings explose, ce n’est pas sans raison! Mais au lieu de sortir encore de l’argent, peut-être faut-il simplement prendre un moment de répit et se questionner. Qu’est-ce que j’aime, moi? Quelles sont mes priorités? Quelle est ma passion? Les vêtements, les voitures, la construction de maison, les voyages, la musique? Logiquement, on ne devrait pas répondre de manière affirmative à tous ces éléments. D’autant plus que si notre envie la plus grande s’avère d’être libre, on devrait diminuer le nombre d’achats que l’on fait chaque jour et se concentrer sur ce qui nous rend heureux et non pas ce qui nous procure du plaisir momentanément.

Changer ses habitudes

Alors que plusieurs dépensent en fonction de leur capacité d’achat, et même au-delà, il faut revoir ses habitudes et acheter en fonction de ses besoins, pas ceux du voisin! C’est souvent là que le changement s’avère difficile.

Évidemment, la vie au quotidien se modifie lorsque l’on fait le choix de vivre avec un seul salaire. Il faut accepter de ne pas suivre la masse.

Habituellement, lorsqu’une famille prend cette direction, l’un des deux parents prend la décision d’être à la maison ou à tout le moins de travailler à temps partiel. Ce temps gagné permet de diminuer les dépenses en marchant plutôt qu’en prenant la voiture, en cuisinant davantage, en évitant les frais reliés au service de garde, etc.

Et tranquillement, notre perception de la vie change. Cela ne veut pas dire que l’on met une croix sur ce que l’on aime, au contraire. Mais, on fait des choix. On se permet des soupers au restaurant, toutefois lorsqu’on y va, on en profite pleinement. Il en va de même avec les voyages. Ils sont peut-être moins nombreux, mais planifiés différemment et ils durent plus longtemps! Car, avec un salaire en moins, on gagne souvent en flexibilité.

Économiser lorsque c'est possible

La beauté de la chose lorsqu’une famille s’habitue à vivre avec un seul salaire, c’est que si l’on se retrouve par moment avec une entrée d’argent supplémentaire ou un second salaire, on peut placer ces précieux dollars en vue des imprévus (et ils sont nombreux au sein d’une famille!) ou d’un projet plus grand. On peut se permettre de rêver… et de réaliser nos rêves! On n’est plus l’esclave du monde de consommation. On fait nos propres choix, en fonction de ce qui nous importe réellement.

 

Oui, vivre avec un seul salaire, c’est possible. Non, ce n’est pas toujours facile. On doit bien sûr faire des compromis, mais ceux-ci, étrangement peut-être, permettent de souffler un peu et de vivre, avec le plus grand de tous les luxes, celui du temps.