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COVID-19: on fait quoi après?

Manifestation changements climatiques

 

Il y a quelques jours, je jasais (au téléphone bien sûr!) avec une amie à moi. Comme à notre habitude, la conversation s’est vite fixée sur un de nos sujets de prédilection: la crise environnementale. Et ce, en lien avec la crise sanitaire actuelle. On se demandait s’il était judicieux d’aborder publiquement le lien entre ces deux crises de santé publique en pleine pandémie avec la Covid-19 *. Est-ce qu’il est trop tôt? Est-ce que ça risque de brusquer les gens qui vivent des moments difficiles? Est-ce qu’on a l’espace mental pour avoir ces réflexions maintenant? Est-ce qu’on devrait attendre après la crise? Est-ce que nous serons collectivement réceptifs à cette discussion lorsque nos activités reprendront?

Personnellement, comme vous le devinerez en ouvrant cet article, je pense qu’il est judicieux de commencer à aborder la question maintenant. Parce que plusieurs d’entre nous ont justement du temps à ne plus savoir quoi en faire. Parce que lorsque la crise se dissipera, si nous n’avons pas eu cette discussion, le business as usual va reprendre le dessus et le vortex de la vie active va nous ravaler.

 

Le lien (très fort) entre la COVID-19 et la crise environnementale

sergio souza / Unsplash

La pandémie actuelle est un symptôme de la crise climatique. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le philosophe et auteur Alain Deneault. Et je trouve que cette phrase toute simple résume bien la situation. S’occuper de la crise provoquée par la COVID-19 est essentiel, mais s’attaquer à la crise climatique est crucial. Sinon, une autre pandémie va vite nous revenir en pleine face.

Comme plusieurs maladies infectieuses, la COVID-19 est passée du monde animal à l’humain. C’est ce qu’on appelle une zoonose. Et ce n’est pas notre première zoonose: on n’a qu’à repenser à la crise du SRAS au début des années 2000. Suite à cette dernière, la pandémie actuelle avait d’ailleurs déjà été annoncée comme tous les éléments étaient en place pour qu’un virus du genre se répète et se propage rapidement à l’échelle planétaire.

Une des causes importantes de la propagation du virus est notre relation avec la nature (qui est aussi à la source de la crise climatique). L’humain considère cette dernière comme étant sous sa domination et les ressources naturelles comme étant à sa disposition sans limites. Ce qui mène à une déforestation débridée partout dans le monde, à du braconnage, à de l’élevage intensif d’animaux, à l’épuisement des ressources, à une perte gigantesque de biodiversité et à une pollution s’infiltrant dans tous les interstices. Et ce, sans égard aux conséquences de ces gestes.

Cette dégradation de l’environnement force donc des espèces à migrer vers d’autres habitats, comme les leurs ont été détruits, et crée un rapprochement avec le milieu de vie de l’homme. Des contacts invraisemblables ont ainsi lieu entre des animaux sauvages, des animaux domestiques et l’humain permettant à des maladies infectieuses de se transmettre. Ce rapprochement offre un nouvel hôte à ces virus: nous.

De plus, comme notre économie capitaliste est basée sur une mondialisation qui s’accélère et que tout voyage extrêmement vite, il suffit de quelques mois pour qu’un virus, ayant passé de l’animal sauvage à l’homme, se propage sur toute la planète.

 

Revenir à la “normale”

Alexander Popov / Unsplash

Plusieurs d’entre nous ont très hâte de reprendre leurs habitudes: aller travailler, magasiner, prendre un verre sur une terrasse, etc. Mais cette “normale” est-elle vraiment viable?

Il y a plusieurs années que je m’informe sur la crise environnementale. Et même si j’étais consciente que ses impacts étaient de plus en plus concrets, c’est lors des derniers feux de forêt en Australie que j’ai subi un premier choc. Ce n’est plus une métaphore: notre maison brûle.

La pandémie actuelle est un choc de plus: il faut changer de cap. Et changer de cap, ça signifie repenser notre économie, changer nos habitudes, devenir plus résilients et avoir une vision d’ensemble dans l’apport de solutions.

Même si nous avons collectivement le nez collé sur la crise sanitaire due à son urgence soudaine, il est important de prendre un pas (ou deux ou trois!) de recul parce que la crise climatique continue de progresser et les “symptômes” de cette dernière continuent de s’amplifier.

 

Les solutions?

Markus Spiske / Unsplash

Donc on fait quoi pour changer de cap?

On rend nos sociétés plus résilientes en priorisant la production locale, en renforçant les tissus sociaux, en valorisant le travail essentiel (bonjour préposés aux bénéficiaires!), en étant plus autonome au niveau de notre alimentation (bonjour nouvelle passion pour le jardinage en confinement!) et en transformant la peur créée par cette crise en actions positives!

On répond à la crise climatique avec la même urgence et le même sérieux qu’on le fait pour la pandémie actuelle en se basant sur des faits scientifiques. Parce que la crise climatique fait déjà plus de morts et de malades que la COVID-19.

On utilise cette crise sanitaire comme levier pour une transition environnementale, sociale et économique nécessaire.

On consomme (beaucoup!) moins afin d’alléger la pression qu’on met sur notre environnement.

On protège la biodiversité qui en retour nous protègera.

On s’informe sur les enjeux liés à la crise climatique pour prendre des décisions collectives plus éclairées (pour des suggestions de lectures, je vous invite à visiter mon compte Instagram). 

 

Du positif?

Et pourquoi ne pas prolonger les effets positifs de la pandémie?

Une meilleure qualité de l’air. Ça fait du bien à nos poumons et à notre santé collective! 

Un plus grand calme. À chacune de mes discussions avec Dominique, mon contact chez Bell Média, elle me partage à quel point elle apprécie le calme soudain au-dessus de sa tête maintenant que les avions ont pris une pause.

La réappropriation des rues par les cyclistes et les piétons. Moins de voitures, c’est plus de place pour des déplacements actifs sécuritaires et écologiques.

La valorisation du travail essentiel accompli par nos concitoyens. Parce que notre société dépend de ce travail.

Pour certains d’entre nous: le temps retrouvé. Personnellement, j’apprécie vivre des journées sans urgence extrême. C’est plus doux.

La crise nous aura aussi démontré que notre mode de vie caractérisé par la surabondance n’est pas acquis. Les ressources ne sont pas infinies. C’est un privilège d’avoir un accès à de la nourriture. C’est un privilège d’avoir un toit sur notre tête. C’est un privilège d’avoir un accès à la nature (et dieu que ce privilège me manque en ce moment dans mon 2 ½!).

Si nous souhaitons garder ses privilèges essentiels, il faudra revoir notre consommation de luxes non essentiels.

Cette crise nous prouve aussi, sans l’ombre d’un doute, que nous avons les ressources, les capacités et les connaissances pour mettre en place des solutions afin d’adoucir les effets de la crise environnementale et de nous y adapter.

 

Arc-en-ciel et doux

Je me relis et je me rends compte que j’ai peut-être manqué un peu de douceur dans ce texte. Mais, dans les faits, ce n’est pas moi, c’est la réalité qui n’est pas douce. Je me permets donc de vous dire ceci pour finir votre lecture avec un peu plus de fluffy: malgré les difficultés de la crise, il y a longtemps que j’ai vu autant d’humanité, d’entraide et d’initiatives extraordinaires. Ça, c’est beaucoup de doux. Profitons de ce doux et maintenons-le!

Et le Jour de la terre dans tout ça? Personnellement, je considère que c’est le Jour de la terre tous les jours. C’est aussi simple que ça! 

 

 

Références et lectures

 

Plaidoyer pour l’achat local • La Presse +

 

La réponse au coronavirus prouve que le monde peut agir sur les changements climatiques • L’Actualité

 

Coronavarice • La Presse +

 

La pandémie, déclencheur de l’esprit • La Presse +

 

Le château suspendu (Karel Mayrand) • L’Actualité

 

Here’s why we’ll never treat the climate crisis with the same urgency as the coronavirus • Huffpost

 

Why we panic about the coronavirus but not about the climate crisis • Huffpost

 

La pandémie qui vient (2013)

 

La crise aura-t-elle des effets durables sur les GES • Radio-Canada

 

Regard de philosophe: “Non, tout n’ira pas bien si on continue comme on le fait”

 

Ceci n’est pas un exercice • L’actualité

 

Comment la planète a manqué le bateau

 

Et le panda banda • La Presse +

 

Alain Deneault: pandémie et modèles économiques • Radio-Canada

Quand l’humain est l’artisan de son propre malheur • La Presse

La crise sanitaire est liée aux actions humaines, selon un écologiste • Radio-Canada

 

Après la pandémie, plaidoyer pour une société résiliente • Le Soleil

 

Il faudra reconstruire une économie plus verte • Le Devoir

 

The ecology of disease • The New York Times

 

Bell Media

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