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Le zéro déchet suite à la pandémie

Pots massons avec noix

On ne va pas se leurrer, le mouvement zéro déchet a la vie dure actuellement. Et c’est compréhensible. La menace du virus Covid-19 nous force à revoir nos procédures pour nous assurer de leur efficacité.

Mais ce serait fallacieux de penser que “produits à usage unique = plus sécuritaire” comme certaines industries tentent de nous convaincre. Le retour en force de ce genre de produits en est d’ailleurs la preuve. Par crainte du virus, plusieurs commerces ont ramené à l’avant-scène les sacs de plastique à usage unique. Certaines épiceries les rendent même obligatoires. Pourtant, le plastique semble être la surface sur laquelle le virus survit le plus longtemps... Et personnellement, je trouve assez fastidieux de laver un sac de plastique. La solution me semble donc plutôt simple: des sacs réutilisables qu’on ne met pas en contact avec les installations des commerçants et qu’on lave à chaque utilisation.

Les objets réutilisables rock la vie (avec le bon processus, bien sûr!)!

Globelet Reusable / Unsplash

En fait, avec le bon processus sanitaire, les objets réutilisables peuvent devenir plus sécuritaires que leurs versions jetables. Par exemple, une tasse réutilisable consignée ayant été stérilisée directement dans le petit café où je me rends pour y commander un breuvage chaud me semble beaucoup plus sécuritaire qu’on verre jetable ayant été produit dans un autre pays et ayant subi plusieurs manipulations avant d’arriver jusqu’à moi.

Comme l’écrit si judicieusement Agnès Le Rouzic de Greenpeace: “... la vérité est qu’il n’y a pas de substitut à une hygiène stricte. Ce n’est pas parce qu’un matériau est destiné à un usage unique qu’il est moins susceptible de transmettre des infections virales pendant son utilisation.

Il nous faut donc nous poser la question à savoir si ces options à usage unique sont réellement plus sécuritaires et si les options réutilisables peuvent offrir le même degré de sécurité sanitaire tout en protégeant l’environnement duquel notre santé dépend aussi…

Cela étant dit, je ne peux nier que le plastique a ses avantages et ses utilités! Il permet de remplir une multitude de services, et ce, grâce à sa résistance et à son faible coût. Mais ce sont justement ses “qualités” qui deviennent ses pires défauts lorsqu’on s’en sert pour des usages de très très courte durée: le plastique perdure longtemps dans l’environnement et est trop abordable ce qui favorise son utilisation…

Pour mieux comprendre les enjeux liés à ce matériau, je vous suggère fortement de regarder la série Ciao plastique!.

Mon souhait est donc que cette crise devienne un levier afin de mettre en lumière les réelles solutions qui seront efficaces autant au niveau sanitaire qu’au niveau environnemental puisque notre santé collective dépend directement de ces deux facteurs.

Comment reprendre nos bonnes habitudes zéro déchet après la crise?

Différents légumes cueillis : tomates, carottes, etc.

Sven Scheuermeier / Unsplash

De façon progressive. Comme le déconfinement se veut progressif, le retour à nos bonnes habitudes zéro déchet se doit de l’être tout autant!

Voici donc mes petits trucs pour bien y arriver:

  1. Informez-vous sur les bonnes pratiques à avoir afin de bien respecter les protocoles sanitaires en place. C’est rassurant de mieux comprendre les enjeux et de savoir comment y répondre!
  2. Respectez votre rythme de progression! Vous avez besoin de plusieurs semaines pour vous sentir de nouveau en confiance? Allez-y un pas à la fois!
  3. Avant même de penser à vos achats en vrac, regardez chez vous: quels objets jetables pouvez-vous remplacer par des versions réutilisables? Produits menstruels? Papier de toilette? Tampons démaquillants? Tissus cirés / pellicule plastique? Brosse à dents? Ça, ça veut aussi dire, moins de sorties au magasin!  
  4. Concentrez-vous tout d’abord sur les fruits et les légumes! Parce que même en temps de pandémie, le MAPAQ conseille toujours de les acheter en vrac et de les laver à l’eau claire. En plus, la saison des produits frais et locaux s’en vient! YAY!
  5. Vous ne voulez pas vous casser la tête? Abonnez-vous à un panier bio! Plusieurs paniers sont offerts en vrac dans une caisse réutilisable!
  6. Priorisez la consigne pour vos achats en vrac! Ainsi, vous vous assurez que les contenants que vous utilisez ont été bien nettoyés par le commerçant et vous évitez des emballages jetables!

L’après-COVID sera donc un défi de taille pour le mouvement zéro déchet, mais si on ne laisse pas la peur nous envahir et qu’on analyse nos processus de façon rationnelle, je suis convaincue que nous allons trouver des solutions à la fois écolos et sécuritaires! Et comme cette crise nous prouve que nous devons être plus résilient.e.s grâce à des solutions plus durables, je dirais que le zéro déchet est une des nombreuses solutions qu’on doit impérativement mettre en place!

Bell Media

Références et lectures

Greenpeace • Santé et zéro déchet : Dangereux, le réutilisable? Écoutons donc la science

Greenpeace • Coronavirus & zéro-déchet : ne laissons pas l’industrie du plastique profiter de la crise

Passeport santé • Plastique, aliments, tissus, bois... combien de temps survit le coronavirus sur les surfaces ?

GreenBiz • The pandemic is changing the dialogue about reusable packaging

La crise sanitaire est liée aux actions humaines, selon un écologiste • Radio-Canada

Après la pandémie, plaidoyer pour une société résiliente • Le Soleil

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